CLINAMEN : le blog de Démocrite

Journal d'un prof de philo, philosophie, carnet de déroute, photos, soliloques : expression et partage d'une singularité, à un atome d'écart.

07 février 2009

Coteaux de Lys

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Bordure, 07 février 09, Démocrite

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Evidence

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Mur

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D'un monde à l'autre, 07 février 09

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06 février 2009

La Décroissance ou a-croissance

A écouter : Serge Latouche,  (durée 17 minutes), philosophe et économiste, penseur de la décroissance ou l'économie relocalisée, l'économie de bon sens.

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05 février 2009

Le visage d'Eole

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Eole, le 04 février 2009

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Rétrospective : de la dialectique professionnelle (2)

Rétrospective : de la dialectique professionnelle (1)

Thèse ou de l'affirmation solaire :

Mes débuts furent flamboyants. Je me souviens encore, avec une netteté incomparable, du sentiment qui fut le mien lorsque j'entrai pour la première fois dans la salle de classe en tant que professeur. Comment débuter ? Comment trouver sa marque, son style, sa mise en scène ? En règle générale, l'école est reproductrice au sens où elle permet à tous les acteurs (élèves, surveillants, profs etc.) de savoir quel est leur rôle, quel est leur pouvoir dans ces lieux, quels sont les discours attendus et les postures interdites.  Et ça marche fort bien. Nous n'avons jamais enseigné et nous savons, bien sûr, ce que doit être un cours, ce qui est exigé par cette même institution qui nous précède et nous habilite dans notre fonction. Pour ma part, j'ai rapidement fait cette incroyable expérience de la liberté ; liberté d'une parole construite et dans le même temps autorisée ! Incroyable ! Je suis payé pour penser et permettre à autrui de penser à son tour jusque dans la critique des contenus qui se déploient ici. Je me suis presque instantanément senti à l'aise, moi qui ne supportais pas l'idée de retourner à l'école. Cette liberté laissée au professeur, dans la mesure où elle s'organise autour d'un programme non pas constitué mais constituant, est un moyen de conquête de l'autorité véritable. Cette autorité est multiple, c'est celle du maître d'abord qui s'élabore dans son aptitude ou sa défaillance à l'objectivation de son discours, dans sa capacité de regarder les élèves en face, sans se dissimuler derrière ses notes ou des auteurs. Etre "professeur" ne suffit pas, il faut conquérir et traverser de part en part la fonction dans une incorporation, une incarnation que l'élève identifie rapidement. Traverser la fonction revient à instituer dans le même mouvement, la fonction "élève", celui qui s'élève dans ces murs, dans cet espace consacré aux muliples problèmes de l'humain. Cette traversée est indispensable car elle habilite en retour l'autre autorité, celle qui compte par dessus tout, celle qui est visée comme 'intention implicite de chaque cours, à savoir l'autorité de l'élève, de chaque élève considéré comme sujet  dans l'acte de parole que la classe autorise.

Telle est d'abord l'éclatante dignité de ma fonction : tendre peu à peu vers l'autorité de la pensée qui par ses règles et sa cohérence nous situe, les élèves et moi, dans une égalité fondamentale. Il s'agit non pas de dire que les pensées se valent toutes, mais qu'elles dévoilent leurs limites, leur puissance argumentative et leur faiblesse dans un rapport à la raison que nous avons en partage. Cela, nous le comprenons aisément en mathématiques : le professeur obéit aux mêmes règles logiques que ses élèves dans le cadre d'une démonstration. Tous sont à égalité face au raisonnement. Et si le professeur se trompe, l'élève est habilité à le corriger : "Monsieur, vous vous êtes trompé" et aucun argument d'autorité ne saurait faire qu'une erreur de calcul n'en soit pas une, qu'elle soit le fait de l'élève ou du maître ! Tel est le sens premier de l'autorité : auctoritas, augere : augmenter. L'autorité est l'accroissement de la compétence, le déploiement du savoir sans limite, le partage de la pensée critique sans soumission ni compromission. La compétence du maître augmente la compétence de l'élève. Tous deux y gagnent puisqu'ensemble ils pourront aller plus loin dans la recherche et la compréhension.

Pendant six années, je me suis donné entièrement à ma tâche, à mes élèves à mes classes qui me l'ont honnêtement bien rendu. Que de rencontres, de débats, de contradictions, de résistances, de rires et de pugnacité, de colère parfois et de rage aussi, lors de ces moments imprévisibles ! Pas question de me planquer derrière mes cours ! Pas question de jouer l'indifférence ! Je suis là, vous êtes là ! Je ne vous lâcherai pas tant que vous n'aurez pas fait effort pour vous hisser à la hauteur de cette pensée ! J'ai connu tant de prof désabusés, fatigués, psycho-rigides, insensibles, usant de l'humiliation ou de l'ennui pour faire taire la classe ! Tant de profs jouissant silencieusement de la domination qu'ils ou elles exerçaient sur les esprits, tant d'autres eux-mêmes dominés par leur crainte d'affronter l'arène, ce public qui peut à tout moment vous échapper ! Ce métier est vraiment très dur parce qu'il isole l'individu dans un face-à-face qui pourrait vite devenir impitoyable et dégénérer !

Je ne veux pas leur ressembler ! Je ne veux pas endormir mes élèves, je ne veux pas qu'ils souffrent à l'idée de se rendre en philosophie ! Je ne veux pas incarner moi-même la posture de l'ennui, de l'épuisement des facultés. Je veux les voir vivants, existants, "vitalisés", prêts à s'impliquer sur la scène de la pensée ! Je veux sentir la subjectivité de ceux qui me font face pour les inviter à l'objectivité de la réflexion. Vous pensez, vous avez le droit de ne pas être d'accord, vous avez le droit de dire non ! Penser, c'est dire non ! Ce non m'intéresse, m'interpelle, m'incite à la question, à la reformulation. Votre exigence à mon endroit est aussi nécessaire que la mienne à votre égard ! C'est comme vivants et comme mortels que nous philosophons. Là est notre égalité fondamentale. L'école est ce cadre extraordinaire qui rend possible l'existence de cette liberté. Usons de cette liberté ! Et nous gagnerons ensemble en liberté ! Voilà mon défi scolaire ! Voilà ma thèse, mon affirmation apollinienne, mon défi solaire !

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03 février 2009

Depuis les coteaux de Rébénacq

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Festivité ? 03 Février 09

La beauté des coteaux pyrénéens baignés par les lumières chaudes du couchant me saisit. Je demeure immobile face à ce paysage qui enveloppe l'oeil et me fait communier avec ces cimes encore illuminées. Ces moments de transition ont la densité de la fête, fête d'une nature dont l'inventivité se déploie au bord de ces fermes éparses.

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02 février 2009

Rétrospective : de la dialectique professionnelle I

Voilà désormais quinze ans que j'enseigne la philosophie ! Quinze années de pratique et 2300 élèves formés à cette étrange discipline. Ma conception de l'enseignement ne s'est pas fondamentalement modifiée (entendons ici le sens de l'intervention qui est la mienne dans mon métier et dont j'ai souvent parlé dans ce journal) mais mon regard sur la place et la signification de cet enseignement dans le système scolaire, ce regard là, a subi de profondes mutations dans une trajectoire étonnamment dialectique, presque hegelienne : affirmation, négation et dépassement ou pour le dire autrement, thèse, antithèse, synthèse.

Ce mouvement n'est pas lié directement à des mutations extérieures, qui, si elles existent en effet, n'affectent que secondairement la signification dont je vais parler. Ce mouvement est d'abord le fait de l'expérience et de la rencontre intersubjective, faire face à des lycéens qui ne sont déjà plus tout à fait les mêmes aujourd'hui qu'hier, ensuite à l'analyse d'un monstre froid, invisible et pourtant omniprésent, le cadre et le fonctionnement institutionnel qui détermine la trajectoire des uns et des autres (l'ensemble des acteurs du système) mais aussi leurs diverses manières de sentir, de penser et d'agir, comme dirait Durkheim. Ces conditions ont constitué les éléments de déplacement de ma représentation, mon clinamen professionnel dans une dynamique interne, souvent intériorisée que je tente néanmoins d'observer du dehors, à la manière de l'observation participante des ethnologues, tout à la fois sujet et objet de leurs élaborations, de leurs études.

Introduction : Je n'ai jamais voulu enseigner ni devenir professeur ! Tel est le point de départ, tout sauf retourner à l'école ! Je me suis lancé dans l'étude de la philosophie par goût, par plaisir de poursuivre ce qui avait été initié en classe terminale. Une telle démarche serait aujourd'hui considérée comme inconsciente, irréfléchie tant cette formation n'offrait et n'offre guère de perspectives, sinon celle d'enseigner avec un taux de réussite au concours quasi nul. Ce luxe de l'étude comme acte libre et dégagé de toute motivation professionnelle, étude ayant pour finalité l'étude elle-même, surprend mes élèves lorsque je me présente à eux en début d'année, eux qui sont aujourd'hui censés avoir un projet de formation et un métier en vue dés la maternelle ! Pour moi la réponse était claire : je ne passerai pas ma vie dans un univers aussi "petit", aussi étroit, aussi formaté que celui de l'école ! La philosophie a besoin d'espace et de temps, elle ne s'accommode pas de ces séquences prédéterminées, de ce contexte d'évaluation forcée. Bref, philosopher c'est s'aventurer hors sentiers, dans des parages insolites de l'imprévisible, dans le creux des failles, au bord des gouffres de l'incertitude, dans le jaillissement du sens et de l'insignifiance. Après ma formation initiale, mes deux années de service civil passées dans le monde associatif et quelques mois d'errance, la nécessité me poussa dans la grande maison, dans la grande fabrique, dans l'éducation nationale. Il me fallait, comme on dit, "gagner ma vie", moi qui pourtant, ne l'avais pas encore perdue !

A suivre

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01 février 2009

Face aux Pyrénées

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Coteaux d'Aubertin, vignoble de Jurançon, 30 janvier 2009

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