Après quelques semaines d'efforts, voici "A la lisière du réel", ouvrage de 36 pages (19 cm X 15 cm) - (une cinquantaine d'images accompagnées de textes déroutés). 

 

 Couverture Lisière du réel_modifié-1          

 

             A la lisière du réel est une esquisse comme le sont toutes les choses apparentes qui retiennent notre attention et suscitent un geste créatif, un vagabondage dérouté et jubilatoire, fruit de mes méditations philosophico-photographiques en Pyrénées. 

            Mon sens du tragique, lié à une esthétique de la marche, trouve désormais son accomplissement dans un rapport congruent entre l’image et la pensée, toutes deux arrimées au réel.

                Le réel est à la fois dedans - énigme insaisissable que je suis pour moi-même - mais aussi dehors, là où se joue l’énigme majeure, celle d’une nature impermanente et insignifiante à laquelle je participe, à laquelle nous participons tous. De ce rapport entre ces deux énigmes - qui n’en font qu’une en réalité -  surgit la conscience fulgurante de notre imposture d’être-au-monde.

                J’avais, dans ma vie antérieure au septentrion, baptisé, cette découverte  « le régime de l’imposture », le fait d’être  « placé au hasard  [in-ponere] sur et dans le grand échiquier du réel », occupant un lieu vacant dans la vacuité universelle. "L'imposture" est à la fois acte de territorialisation, occupation d'un espace et mode irréversible d'imposition jusqu'à l'inexorable dissolution future. Tous les êtres de la nature imposent leur présence fugace. Et tous se taisent. Le roc, le nuage, l’oiseau, l’arbre ne disent rien même lorsqu’ils paraissent chuchoter. Il en va autrement de l’existence bruyante de l’homme parlant, enferrée dans le délire du sens, privée de sa source : l’originaire.

                La marche en Pyrénées a creusé cette intuition féconde dont la source précisément se déploie à la surface des choses, supprimant toute fixité, tout nœud et toute représentation en mon esprit. Que reste-t-il ? La perception épurée, les puissances organiques, le choc esthétique, la rencontre donc, puis l’oeuvre qui anime le pas et l’encourage indéfiniment au bord des failles. Si l’image incarne cette rencontre, le texte qui l’accompagne la prive de tout référent, la dépouille, l‘appauvrit pour la rendre à sa nudité originelle. Ici commence une esthétique du silence faite de glace, de bois, d’écorces, de vent et de reflets. Ici s’éprouve la jubilation la plus haute, la plus véritable et la plus libre, parce que sans but et sans raison.

                Je ne sais si je parviendrai à faire sentir ce dont il s’agit mais c’est en tout cas le chemin dérouté qui s’impose à moi, à la lisière du réel

Verso lisière du réel

 

Dans l'hypothèse éventuelle d'un intérêt pour recevoir cet ouvrage, me consulter par mail à partir du blog. Il s'agit d'une publication trés confidentielle mais de qualité professionnelle, à tirage très limité et pouvant, si insistance sévère, être éventuellement envoyée (contre une somme correspondant à la fabrication du présent volume : 20 € frais d'envoi compris) à quelques atomistes déroutés dont je célèbre ici la vitalité, l'esprit radical et l'oeil acéré.