A lire ou à relire : l'excellent ouvrage de BOTUL, philosophe intouchable et dérouté s'il en est.

"Si la plupart des philosophes furent célibataires, c'est pour témoigner que le but ultime de l'humanité n'est pas de se reproduire. Nous ne sommes pas des chiens, nous ne sommes pas des paramécies, nous ne sommes pas des lapins. La philosophie est l'affirmation qu'il existe une façon non sexuelle de se perpétuer. [...] Voici, ils ne pénètrent pas, ils se retirent. Ce retrait porte un nom : la mélancolie.

On peut définir la mélancolie comme une maladie de la solitude. L'atrabilaire se met volontiers à l'écart. C'est alors que se produit le miracle de la vie contemplative. Au fond de la solitude, mille liens se créent. Le handicap devient une force. La maladie qui isole devient la maladie qui relie.[...] Un corps collectif se crée, qui défie le temps. Membres de ce lignage, les philosophes se reproduisent entre eux, sans sexe, par des moyens complexes qui s'appellent affiliation, agrégation, amitié. Leurs matrices s'appellent écoles, banquets, salons, universités. Philosopher, c'est faire comme si on pouvait se passer de mères. Se reproduire sans utérus, mais en esprit, sans semence mais avec le pneuma."

La Vie sexuelle d'Emmanuel Kant - Botul (1001 nuits)