J'ai découvert le rock progressif à la fin des années 80 avec le groupe Marillion qui avait séduit bon nombre de mes amis un peu avant. Il faut dire que mon univers musical, particulièrement hétéroclite et inclassable allait de la funky music (Shalamar, Skky...) au classique (Bach, Tchaikovsky, Ravel) en passant par le rock-hard tel ACDC, Trust ou Iron Maiden, la variété et la Pop anglaise (Supertramp, Pink Floyd... )et bien d'autres. Je me sentais assez disponible pour bien des expériences musicales. Je me souviens, qu'adolescent, la pression collective était immense pour contraindre chacun à adopter une identité musicale spécifique avec ses normes, ses codes vestimentaires, son langage et son hostilité systématique à l'encontre des autres genres. Il fallait être punk, rocker, new-wave et rien d'autre ! Je me suis toujours refusé à ce comportement exclusif le jugeant déjà grotesque en pratiquant l'atome d'écart et finalement une précieuse liberté qui me tenait à distance respectable des conduites grégaires. 

        Marillion m'emporta dans une atmosphère mélodique radicalement nouvelle. Souvent comparé au premier Génésis avec Peter Gabriel, le groupe britannique qui ne cachait pas cet héritage, construisit une ambiance pourtant innovante : des morceaux souvent supérieurs à 8 mn enchaînés les uns aux autres comme pour unifier  l'intuition centrale du récit, ruptures brutales de la ligne mélodique, moments de suspension atmosphérique,  solo de guitare qui prend aux tripes, voix hors normes, celle du géant écossais Fisch qui signa la réalisation de l'album-phare, Misplaced childhood, celui qui propulsa le groupe sur les scènes du monde entier notamment avec Lavender.

 

 

       Depuis près de 25 ans, Marillion accompagne mes pas même après le départ de Fish et l'arrivée de Steve Hogarth en 1988 dont la voix tout aussi surprenante et originale et la personnalité ont contribué à l'essor du groupe et à sa totale indépendance (vis-à-vis des maisons de disque et de la production). Je garde ainsi des souvenirs éblouis de leur passage à Lille et des deux concerts vécus dans des salles intimes de la capitale flamande. Les albums Seasen's end (en ligne en cliquant sur le titre), Hollidays in eden, Afraid of sunlight, Brave et Marbles sont des références incontournables du rock progressif avec quelques morceaux inoubliables.

Entrée de Steve Hogarth en concert Marillion ici avec Splintering heart. Vibrations...