Penser

 Penser ? - Démocrite - Octobre 2015

        Lorsque l'esprit demeure enferré dans le système ordinaire et général de la représentation, celui des choses apprises, alors il ne pense pas véritablement et ne peut pas penser. Tout ce que nous avons appris dans les livres, dans la culture commune, tout ce qui a conditionné notre façon de voir, de sentir et d'opiner, tout cela est sans rapport aucun avec l'acte de penser. Prisonniers de la tautologie, fascinés par la magie du discours, par son efficience sur les terrains que nous privilégions (professionnels, politiques, juridiques, économiques, pratiques...), nous errons dans l'aliénation symbolique qui nous interdit de saisir toute forme d'originaire et par là, de penser véritablement entre les plis. Une pensée est impliquée ou n'est pas. Entendons qu'elle se tient "entre", au plus près de ce qui la plie et la déplie, au plus près d'une énigme qui l'arrache à l'affairement et à la commodité du "on". 

Résumons : 

La pensée ne pense vraiment que dans la mesure exacte

où elle est arrimée à un dehors, à cet innommable qui

lui résiste et lui donne simultanément toute son impulsion.

 

Nous ne pensons que sur le fond de ce qui est

définitivement hors de portée de la pensée.

 

La pensée est la mise en forme d'une énigme

dont elle est dépossédée depuis toujours

et qui constitue pourtant sa source féconde.