Soleil-continent - El Hierro

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Egaré dans un coin du monde entouré de déferlantes, il n'y a plus d'échappatoires. Face à moi, plein ouest, trois mille kilomètres d'océan et derrière, vers l'Afrique, quel port où jeter l'ancre, quel pont franchir pour se tenir entre deux eaux ? Jamais perdition ne fut plus accomplie. Quelle quantité de terre et d'espace faut-il pour se sentir contenu, retenu, et créer le monde dont on a besoin pour habiter ? Que contient cette terre néocubaine oubliée des hommes et des Dieux ? "Hierro" m'assaille de toute part et charrie en moi les sentiments les plus contradictoires.

Fin du jour à la Pena

Sous les brouillards permanents du nord-est, mon esprit de septentrional retrouve ses réflexes d'antan, mouvements immédiats de repli sous la couette en attendant des jours meilleurs. Mais ils ne viendront pas car la lancinante circulation de l'air a colonisé depuis deux millions d'années ces pentes demandeuses.

Tibatage, danse des brumes

 

Une danse s'éternise ici que rien ne saurait taire, pas même la supplique de l'homme fatigué, pas même le regard interrogateur de l'homme nouveau, de l'étranger, du marcheur. Comme la vague frappe le récif inlassablement, les nimbes se forment et épousent la terre orientale de l'Île de Fer.

Bonanza

A quelques encablures de là, tout change, la fraîcheur humide cède la place à un trio : la roche volcanique et rauque, le soleil subtropical incisif et la vague qui taille le récif hostile. La couleur vient des profondeurs où la vie s'est installée, sous le tohu-bohu de l'écume fracassée et de sa candeur moléculaire.

L'homme de Charco Azul

L'île me repousse du côté de ma servitude, non loin de ces failles qui ne se referment jamais. Le corps entier résiste aux surrections volcaniques, aux forces vives qui dessinent le paysage du vivre.

Résister

Comment apprivoiser tant de sauvagerie lorsque le brasier des origines fume encore sur la grève interdite ?

Vérodal-sauvage

Comment pourrais-je prendre place alors que l'univers se forme ici dans les plis tutélaires de la convulsion originelle ? Il en faut de l'audace et de la démesure pour marcher sur la terre indocile quand le vivant exige le temps long de la pacification et des patientes métamorphoses. Hierro ramène aux primitives dualités de la nature, aux affrontements primordiaux des divinités organisatrices. Vivre en témoin lucide ces antiques séismes fait courir le risque de disparaître dans le cône du feu sacré.

Le cratère d'Orchilla

 

Certains affirment leur vouloir face à l'abîme, s'élevant au-dessus des eaux et des brumes tenaces pour respirer et vivre haut.

Crassula insulaire

 

 

Vouloir vivre

 

D'autres ont choisi le mode de la colonisation plus ou moins invasive.

Los Reyes

 

Conquête

 

Se laisser apprivoiser par l'île. Se laisser glisser dans le vent jusqu'à ce que le voile apparaisse et que la lumière danse entre ciel et terre.

Le voile d'El Hierro