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           Mon dernier article consacré à la "molle bandaison des obsédés du redressement" en aura amusé quelques-uns. D'autres, en revanche, outrés par le ton licencieux dont j'ai usé, se sont émus (comme quoi rien n'est perdu !) et ont réagi en rats-des-blogues avec la dose massive de ressentiment qui caractérise les bêtes-à-cornes et les têtes-plates. Ce qui, pour ces jocrisses, est intolérable, c'est que cet article émane d'un fonctionnaire d'Etat, protégé par son statut et ne sachant rien de la "vraie vie", entendons par là, du régime insécure de l'entreprise soumis à la concurrence libre et non faussée, à la prédation économique, à la violence des risques et à la brutalité d'un contrat de travail qui ne protège de rien. Voilà la vraie vie ! Une vie serve soumise au caprice des actionnaires, à l'arbitraire autocratique du chef d'entreprise, à l'hybris de la rentabilité, à la fascination addicte pour l'argent et la "réussite". La "vraie vie" est du côté de l'aliénation, de l'éradication des faibles et de la capitalisation infinie et obscène de la ressource. 

         Que ces gens soient les esclaves consentants d'un système dont ils acceptent la cécité phallique et la totale absurdité les regardent. Ne sachant rien de la servitude volontaire qui les détermine, n'ayant jamais rien lu qui les amènerait à construire la moindre position critique par rapport au dogme dominant, leur seule préoccupation consiste à imposer leur aliénation mentale à tous. Ayant renoncé à toute vie libre, sacrifiant toute créativité à l'économisme de la pulsion de mort, ils veulent entraîner l'humanité entière dans la déchéance spirituelle d'un sado-masochisme à grande échelle. Qu'ils ne voient pas qu'ils courent de manière grotesque sur une roue, à la manière du hamster, derrière la mesquine récompense qu'on leur promet, ne serait pas en soi gênant s'ils ne voulaient l'imposer à tous les humains. Mais voilà, cette conscience-là est trop haute pour eux qui vivent contents des miettes qu'on leur jette et qui rampent sur l'autel de la "vraie vie" comme des gorets.

        Ce qui est assez cocasse, c'est que leur mentor lui, n'hésite pas à exhiber sans complexe sa "vraie vie"... de château. Le malheureux risquant à tout instant de basculer dans la précarité en impose par l'exemple, surtout quand on le voit jouant avec son drone comme un gamin de 12 ans au milieu de son parc et de ses tours. Que la vie est dure pour cet homme qui ne vit que pour le redressement de son état... 

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            Sûr qu'on ne le verrait pas lire Spinoza, Schopenhauer ou Nietzsche ! Trop compliqué ! Trop dangereux ! Occupons les masses à cogner sur les nantis de la "fausse vie", sur tous ces fonctionnaires, ces chômeurs, ces étrangers qui profitent abusivement du système ! Oui, tapons leur dessus car il est temps de remettre de l'ordre dans la maison France, mais à une condition :  qu'on puisse continuer à faire joujou dans son château, en restaurant les privilèges de l'Ancien Régime avec la bonne conscience des ressentimenteux -ces faibles d'esprit, et des courtisans de la médiacratie en renfort. Vive la République !