Résultat de recherche d'images pour

           La figure du tigre n'est pas sans lien avec celle d'Apollon, le maître de l'arc. Sous l'apparente beauté de l'animal assoupi et de sa fourrure solaire rayée de stries ombreuses, se dissimule le terrible prédateur mangeur d'hommes, le lanceur de flèches acérées, capable de défaire une armée entière sur son propre terrain. La silencieuse harmonie est l'autre versant d'une rageuse sauvagerie. Cela revient à dire que la qualité du sommeil est à mettre en perspective avec le déploiement réel de ses forces propres dans la grande Nature. (voir l'oreille intérieure 1)

        Faudrait-il se guérir de la force vitale ? Quelle hypocrisie ! Faudrait-il réduire son espace mental au jeu macabre de son impuissance sans apercevoir simultanément tout ce à quoi on a soi-même renoncé ? Sans pressentir la sourde contamination qui s'est emparée de soi ? Allons bon ! C'est parce que le félin-dormeur se risque sur les terres ignorées de son être qu'il peut réduire à néant la troupe de parasites moribonds qui cherchent à le tenir éloigné de sa dynamique. C'est ainsi qu'il peut se laisser aller plus librement aux parages de l'intersubjectivité, au risque de la rencontre.

        En décochant ses flèches vitales aux limites du monde à la manière de l'archer Lucrétien, il voit plus loin. La plainte lancinante des insomniaques épuisés, des esprits valétudinaires se perd dans les intermondes. Au-delà de lui-même et de ses rituelles frontières, l'univers infini et les infinies possibilités d'exploration l'amènent à se déterritorialiser, s'éveillant comme jamais à la nouveauté du jour.