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Il y a quelque chose de savoureux à observer l'attitude surprenante de l'as du redressement dont l'obsession depuis des années consiste à pressurer le pays avec la faillite de l'Etat, la dette, la crise, la maîtrise de la dépense pour mettre fin aux "privilèges" des fonctionnaires et des chômeurs, ces profiteurs qui abusent, comme chacun sait, de l'argent public. Oui, le devoir de moralité en politique ne se discute pas ! Pascal dans ses Pensées nous avait pourtant prévenus : "qui veut faire l'ange fait la bête" !

Savoureux l'argument victimaire, paranoïaque qui est désormais la règle dans le camp des Fillonnistes. On veut notre peau ! Voilà qui est tout à fait intéressant surtout lorsqu'il prend la forme si subtile chez certains militants d'une affiche portant en grosses lettres l'expression : "Je suis Pénélope". Visés par le terrorisme des officines, Monsieur et Madame. Chacun appréciera l'allusion implicite de cette pancarte, support d'une identification passionnelle à une victime expiatoire subventionnée.

Il faut dire qu'à chaque fois que le vainqueur de la primaire des conservateurs a tenté de justifier son attitude pour démentir les éléments révélés par le Canard, la plupart de ses déclarations se sont avérées fausses pour ne pas dire mensongères. Droit dans ses bottes, le cuir endurci comme jamais, comment maintenir ses dires lorsque la principale intéressée les contredit clairement et distinctement lors d'un entretien révélé hier dans l'émission Envoyé spécial ?  

Savoureux également l'argument prononcé ces derniers jours par des militants du Persécuté selon lequel à la corruption éventuelle des uns correspond au fond la très vraisemblable corruption des autres. Bref, tous pourris, de droite et de gauche ! Donc autant élire un homme de droite. S'en prendre aujourd'hui à Fillon alors que d'autres ont sans doute fait la même chose, c'est évidemment un montage et une manipulation politiques à quelques mois de la présidentielle. Pourquoi empêcher ce brave homme d'accéder aux plus hautes fonctions ? On peut évidemment se le demander.

Etendons pour une meilleure compréhension le principe de la corruption et de l'emploi fictif à la grande criminalité. Dans l'hypothèse où les faits seraient avérés, pourquoi arrêter un tueur puisque d'autres courent encore ? C'est injuste ! Celui-là pourrait même se plaindre et se considérer comme la victime d'un système qui veut sa peau à lui alors qu'il y en a tant d'autres qui assassinent sans vergogne et qu'on laisse galoper dans la nature. 

Savoureuse encore l'attitude des politicards de l'Ancien Régime, la meute de ceux qui, sans vergogne, pratiquent l'évitement. Du népotisme sur fonds publics ? Et alors ? C'est légal ! Financer ses enfants à raison de 3800 et 4800€ par mois, alors qu'ils sont étudiants ? Et alors ? Où est le problème ? Avoir une assistante parlementaire supposée, déclarant ouvertement, spontanément et sans pression : "Je n'ai jamais été son assistante, ou quoi que ce soit de ce genre-là." Circulez, il n'y a rien à voir parce que nous, nous voulons parler du fond, du programme et de rien d'autre. Ca vient !

Savoureuses enfin cette main sur le coeur, cette émotion pour dire avec des trémolos dans la voix combien l'amour pour son épouse résistera à toutes les tempêtes. C'est beau. C'est poignant de vérité et de sincérité. Pourquoi la formule de Machiavel résonne-t-elle ici ? "Les hommes sont si aveuglés, si entraînés par le besoin du moment, qu'un trompeur trouve toujours quelqu'un qui se laisse tromper. (Chap XVIII - Le Prince) Nous l'ignorons.

Cette attitude quasi-schizophrénique qui consiste à dire : "il n'y a rien", "rien ne se passe" n'est pas sans rappeler celle d'un ancien ministre socialiste qui "droit dans les yeux" avait juré sur l'honneur qu'il n'avait pas de compte en Suisse, lui qui était précisément chargé par sa fonction, de lutter contre la fraude fiscale. En pourchassant et en condamnant dans le cadre de sa mission ceux qui pratiquaient le même écart de conduite que lui, il pouvait à bon compte s'acheter une bonne conscience puisque le fraudeur, c'était l'autre ! Le faire payer, n'est-ce pas en fait résoudre magiquement et fantasmatiquement le problème ?

Au fond, s'en prendre aux chômeurs, aux pauvres, à la classe moyenne, augmenter la TVA de 2 points, liquider 500 000 fonctionnaires tout en supprimant l'ISF ne permet-il pas avantageusement de faire payer aux autres le bénéfice des privilèges dont on a joui et dont on jouit encore lorsqu'on accède aux plus hautes fonctions ? Servir son pays, sauver la France, quelle abnégation ! Comment en bon chrétien, gagner son paradis sinon en fabriquant des hérétiques ! Et il va de soi que l'hérétique, c'est toujours l'autre.