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Il est pour le moins intrigant d'observer à bonne distance l'hystérie collective qui s'empare des peuples à l'occasion de la coupe du monde de football. Le football, un sport ? Rien n'est moins sûr. Il suffit d'assister à quelques matchs pour être immédiatement saisi par le joli portrait de l'humanité que dessinent ces champions de la triche. Certes, on ne demande pas à des footballers d'être des parangons de haute vertu mais l'image pathétique qu'ils renvoient sous des tonnerres d'applaudissements interroge les phénomènes d'identification qui les portent et les supportent.

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Pas une action, pas un moment d'intensité sans un tirage de maillot, sans un agrippement, un fauchage, une prise de judo, la projection de l'adversaire ! Une fois leurs forfaits accomplis, voilà nos héros gesticulant sans vergogne pour signifier "je n'ai rien fait, il est tombé tout seul !". Le carton jaune fait l'objet d'un calcul. Sa valeur dépend de la "dangerosité" de l'action entreprise par l'équipe adverse de sorte qu'envoyer le rival au tapis, quitte à lui broyer les tibias ou les genoux, peut valoir le coup ! De même, les lamentables jérémiades des joueurs tombés au sol, roulant de tous côtés de douleur afin obtenir déloyalement un coup franc montrent à quel niveau de moralité se hissent ces idoles. Que l'arbitre prenne sa décision et voilà nos souffreteux contorsionnés cavalant à nouveau comme des lapins ! La simulation, la dissimulation, le mensonge, la roublardise sont ici la règle et offrent un beau spectacle pour une jeunesse avide de modèles. 

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Verrait-on pareils gestes au volley-ball, au hand-ball, au tennis et même en boxe anglaise ou française ? L'auteur de la moindre attitude antisportive serait immédiatement sanctionné et sorti du terrain ou du ring. L'esprit du sport se reconnaît à la sublimation relative de la violence dans la maîtrise de soi et dans l'acceptation des règles collectives. Le football n'est pas un sport mais la mise en scène outrancière de la violence sociale et de l'arrivisme de ceux qui courent derrière la reconnaissance et les millions qui l'accompagnent. 

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D'où vient que ces pratiques consternantes ne suscitent pas une réprobation collective alors qu'elles sont rendues visibles comme jamais lors des ralentis filmés en gros plans ? D'où vient que des masses se sentent portées par des immatures capables de transgresser toutes les valeurs supposées du sport ? C'est que ce narcissisme de la réussite est à l'image de l'homme contemporain et plus largement à l'image de l'homme pulsionnel prêt à tout pour gagner. Les footballers ont au moins le mérite de nous offrir une leçon d'anthropologie machiavélienne : "On peut dire en effet généralement des hommes qu'ils sont ingrats, inconstants, dissimulés, tremblants devant les dangers et avides de gain." (Le Prince, chap. XVII)

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Oui mais quel gain ? Pour les joueurs, des primes de plusieurs centaines de milliers d'euros et des contrats futurs mirifiques. Pour le politicien ? Une formidable récupération médiatique dont le bénéfice est bien supérieur au costume présidentiel détrempé pour l'occasion. Pour les médias, des parts de marché et le culte du bla-bla à l'infini. Pour les autres, c'est-à-dire les masses, quoi donc ? Car enfin, qu'est-ce que les Français ont de plus qu'hier avec cette coupe sinon un butin imaginaire, un fétiche qui ne change rien à leur situation ? Peut-être un sursaut d'orgueil dans une affirmation identitaire et phallique ? Et plus fondamentalement, que nous apprend cette pratique mondialisée sinon qu'elle nous met en présence de la caducité totale des activités humaines, de l'insignifiance de ce monde et de ses productions imaginaires ? Par leur petitesse morale, par leur obscénité, les héros du ballon rond donnent à contempler la misère universelle, le vide autour duquel gravitent les sociétés humaines. Si courir derrière un ballon n'a pas grand sens, courir derrière une image, derrière du pognon, derrière la reconnaissance sauve les apparences ce qui n'est pas tout à fait rien. Jadis, les empereurs distrayaient les foules avec du pain et des jeux. Aujourd'hui, on a le ballon, la pub et le pognon, autant dire "'la même chose mais autrement".