Résurgence

Résurgence (cliquer sur les images pour une dégustation grand format)

Je reprends le cours de mes sauvages pérégrinations. Il était temps ! La sourde menace s'était muée en processus de colonisation, de vampirisation, de stratification. Pour un peu, je m'abandonnais à cette opinion complètement débile d'arriver quelque part. Pire encore, de réussir quelque chose au nom d'une absurde grégarité. L'incursion vitale de ce jour sur des rives pyrénéennes suspendues entre automne et hiver m'a rappelé comme dit le poète, que "tout chemin est une déviation" (Roberto Juarroz).

La résurgence trouve la sortie après mille essais infructueux. Son orifice dissimulé surprend le marcheur et déroute l'incertaine gymnastique de son pas.

 

 

Sesques

Sesques

L'air des cimes ! Enfin ! le silence mutique et coruscant du massif du Sesques contraste avec ma tentation intérieure de signifier coûte que coûte. Chaque mot fait signe vers l'harassante pesanteur de cette part domestique de l'homme, aliénée à l'intentionnalité sociale, au pouvoir exorbitant de la dette que le sujet contracte en parlant. Il parle et laisse derrière lui la nullité de son haleine de pantin qu'une pente glacée fige dans sa vanité.

 

 

 

Lambeaux de nostalgie

Lambeaux de nostalgie

Dans la fièvre blanche d'un passé de granit

S'échappent des profondeurs les ombres imprononcées.

Holà Dérouté ! Pourras-tu t'étonner de ce rien qui t'encombre ?

 

 

 

Exil vertical

Exil vertical

Je salue la proue infatigable de ce vertige d'hiver

Navire d'étoiles courroucées au bord des origines

Des vagues d'incertitude se dressent en exil

Sur la sente ébouriffée de ta colère de Titan.

 

 

 

Clameur de l'errance

Clameur de l'errance

Toi le Dérouté, le funambule erratique ! 

Se pourrait-il que tu t'encoiffes une fois de plus de ce bourdonnement significatif,  

te laisser prendre au filet des vérités de hasard

alors que tes mains caressent le soleil illettré de ce désert blanc ?

 

 

 

Rives analphabètes

Rives analphabètes

Les brumes abrasives érodent la stupeur compromise

de ce chant silencieux qui ne mène nulle part. 

Les vapeurs à la dérive polissent le coeur rétif de l'homme.

Que restera-t-il de cette avidité d'atomes dont le folâtre dessin

s'achève en un sillon momifié, une lettre ?

 

 

 

Goutte de présence

Goutte de présence, co-vivre ?

Mille vivants de lumière accueillent le transhumant, le terrien nomade, le vagabond.

Son tracé l'a mené hagard sur le flanc d'une colline indifférente.

Solitude réconciliée, étranges imminences,

Fraternité végétale sous la fondation anonyme de pierres entrecroisées,

Peut-être pourrons-nous co-vivre ?

 

 

 

Aurore indocile

Aurore indocile

S'abandonner à la pure présence de ce qui fuit,

A l'espace soudainement ouvert sur l'impensé,

Et devant la porte inexistante des significations

Accueillir mains ouvertes la beauté sans visage

D'une aurore indocile.