30 mai 2021

Valeur métaphysique des vacances

     Les vacances se définissent étymologiquement comme une expérience de la vacuité, c'est-à-dire d'une forme particulière de vide qui n'est pas le néant. Rien ne ressemble moins à une pratique de ce genre que celle du vacancier affairé, absorbé tout entier dans l'activisme bruyant et saturé dont le tourisme de masse constitue le triste et pathétique parangon.              J'éprouve la vacance depuis longtemps lorsque, me libérant des pesanteurs d'en-bas, je rencontre les... [Lire la suite]
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27 mai 2021

La joie du marcheur

 Mirage du réel, Démocrite Marcheur, vois-tu où te mènent tes pas ? Sais-tu seulement l'errance vitale qui te porte confiant et ensauvagé à la lisière d'une indicible énigme ? Ton audace n'est rien sans l'épreuve de la divinité qui t'enveloppe et te submerge de part en part. L'heureuse et inexorable apparition de la brume abolit tout objet et te livre en pâture aux assauts tragiques de l'éphémère : en ces lieux, tu meurs et renais mille fois. A chaque expiration, à chaque prise d'air, tu te rapproches un peu plus des... [Lire la suite]
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08 juin 2020

Trois genres de marche

cliquer sur les images I     En Béarn, les saisons n'existent pas. L'hiver fait irruption au milieu du mois de juin et l'été peut s'installer sans vergogne en décembre. Ce sol pyrénéen déterritorialise sans cesse nos catégories. Il nous dessaisit de notre besoin de disposer de notions stables pour penser notre rapport à la région et plus profondément à la réalité. J'y vois une métaphore assez capricieuse de la nature qui décidément aime à se cacher. En fait de caprice, je dois reconnaître qu'il s'agit bien de la plainte que... [Lire la suite]
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04 avril 2020

Pensée déconfinée

Avec le printemps, la végétation clame son insoumission devant le petitesse de l'homme confiné, contraint à la lenteur, sommé de voir en face les quatre murs qui font son ordinaire de "civilisé". Difficile de ne pas arpenter les cimes, de ne pas se perdre sur les plateaux aux fragrances d'infini ou de courir mains ouvertes sur des sentes interlopes, là où grouille une vie saine et indocile, là où souffle l'air sauvage de la Terre, là où l'homme libre se tient à distance de ce monde devenu fou ! Etre empêché de toucher... [Lire la suite]
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01 décembre 2019

Un chemin qui dévie

Résurgence (cliquer sur les images pour une dégustation grand format) Je reprends le cours de mes sauvages pérégrinations. Il était temps ! La sourde menace s'était muée en processus de colonisation, de vampirisation, de stratification. Pour un peu, je m'abandonnais à cette opinion complètement débile d'arriver quelque part. Pire encore, de réussir quelque chose au nom d'une absurde grégarité. L'incursion vitale de ce jour sur des rives pyrénéennes suspendues entre automne et hiver m'a rappelé comme dit le poète, que "tout chemin... [Lire la suite]
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30 novembre 2019

Politique du retrait

  Démocrite, Retraite des grues, Novembre 2019  I Devise "Se tenir à un atome d'écart". Voilà la devise atomistique, voilà le texte vital que les Déroutés et les Nomades philosophes s'appliquent à eux-mêmes parce qu'ils en comprennent l'inépuisable fécondité ! Ce clinamen est ce par quoi le jeu est sauf, la santé maintenue, la liberté considérée et la créativité possible. Vivre à un atome d'écart, voilà où se loge ce qui dans la théorie du chaos fait la sensibilité du monde aux conditions initiales et son déploiement... [Lire la suite]
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29 mars 2019

Déroute printanière : Pascal et Spinoza, du réactif à l'actif

I J'ai longtemps admiré Pascal, son sens aigu du tragique, ses traits fulgurants, incisifs, ses éclairs de féroce lucidité au milieu du néant, trouant les espaces infinis de leur grandiose gravité, au point de faire vaciller le moi, de le dissoudre dans l'angoisse qui monte devant l'universelle caducité. J'ai senti dans ma chair le frisson d'une "nuit de feu" comme une révélation, qui prit chez moi une forme résolument inversée. Non pas l'affliction doloriste menant au crucifié et la mortification d'un corps concupiscent, mais... [Lire la suite]
23 novembre 2018

Sagesse de la temporalité végétale

Nous basculons inexorablement dans l'hiver. La couverture flamboyante de l'automne laisse peu à peu place aux tonalités grises qui signent le repli du végétal dans l'oubli et le sommeil figé de la Terre. C'est là la grande sagesse de ces vivants qui abandonnent l'agitation de la surface aux nomades excentriques que nous sommes, nous les humains affairés et sans gîte.   L'arbre, dans sa vertu millénaire, est un modèle d'éco-philie. Il s'enracine dans la Terre-Amie sans la détruire ni la haïr. Ouvert sur le... [Lire la suite]
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13 juin 2018

Gardeure de troupeaux

L'autre jour, profitant d'une accalmie, si rare en ces temps de marasme météorologique, j'ai filé dans les hauteurs pour une errance solitaire et féconde sur la bordure centrale de la Sède de Pan. Je n'avais pas prévu de compagnie pour cette déroute montagnarde. Et pourtant, une femelle border collie s'est liée d'un curieux amour pour moi et réciproquement -c'est comme ça que je lis la chose, et m'a accompagné tout le jour, de l'aller au retour, obéissant gentiment aux précautions que je formulais à l'approche d'un troupeau de... [Lire la suite]
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02 janvier 2018

La Danse des Inutiles

Partout des souhaits et des voeux, partout des espoirs ! Partout désespoir ! Cette cantate rituelle sonne comme un aveu de faiblesse, comme l'antique angoisse devant la catastrophe annoncée, devant l'imparable nouveauté qui pointe et qui, invariablement, chasse les vivants de ce monde, les uns après les autres. La fête de la nouvelle année résonne, à l'évidence, comme une inéluctable défaite devant le temps objectif qui fait destin. Si l'anniversaire signe l'emprise de Chronos sur l'individu, le nouvel an consume la totalité des... [Lire la suite]