03 janvier 2010

Verticalité de la marche

Voici un extrait de la réponse (avec quelques légers arrangements) faite au dernier commentaire de Tchoumi (Verticalité de la marche)et qui me permet de préciser l'importance de la marche en montagne, une marche "verticale", véritable mode actif au plus près de l'insignifiance du réel. Je tiens à la "verticalité" de la marche (mais une verticalité sans au-delà ni transcendance) car celle-ci contraint le corps à l'effort, à l'épreuve de la gravité donc de la terre. La montagne invite au dessaisissement, à la... [Lire la suite]
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13 décembre 2009

Le temps de l'éternité

J'aime cette relation du temps opportun et de l'éternité, ce lien contigu du Kairos et de l'Aion apparemment opposés et pourtant irrémédiablement soudés dans la conscience de l'être-là.  C'est bien le temps intermédiaire - Kronos - qui est au plus loin des choses, ce temps de la convention et de l'horloge qui s'acharne sur l'esprit en lui donnant l'illusion d'un "emploi" du temps, d'un "prendre" ou d'un "perdre" son temps.  Kronos est le dieu de la dévoration, celui qui avala ses enfants pour ne... [Lire la suite]
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07 décembre 2009

Le rire de Démocrite : une métaphysique de l'im-monde

Je quitte donc le monde pour l'im-monde, pour tout ce qui ne fait plus monde, pour tout ce qui défait ma représentation. L'im-monde est l'autre versant de la forêt, le pôle éphémère et lucide de la plus parfaite dé-route, sur les bords impraticables du réel, au plus près des gouffres où se noie la vérité. Je vais sur des sentes hérissées de genêts, de genévriers avides de peaux, de pierres cachées dans les plis de la terre qui sont autant d'obstacles et de preuves de l'infatigable silence élémentaire. Le silence, retrouver le silence... [Lire la suite]
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03 novembre 2009

Esthétique de la marche IV : Un sentiment géologique

Je marche sur la grande steppe aragonaise et d'ailleurs qu'importe ce qualificatif "aragonais" ; je marche sur un îlot qui m'enseigne le prix de la grande fracture, de la faille. A l'approche du canyon de Niscle, j'expérimente un hapax existentiel d'une tonalité géologique sans pareille. ; je suis cette faille colossale que me révèle la signature vertigineuse de la terre. Les vastes cicatrices de la vie se déploient à la surface orangée de ces plateaux millénaires. La marche est au plus près du réel, au bord du gouffre qui... [Lire la suite]
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09 août 2009

Esthétique de la marche III : la marche esthétique est métaphysique

Dans l'Esthétique de la marche, j'ai distingué différentes catégories de marcheurs, le grégaire, le spirituel et le tragique. Pour saisir l'enjeu d'une marche esthétique ou tragique c'est-à-dire d'une marche dépouillée de toute signification, il convient de se défaire de tout rapport à l'histoire, au passé, à la chronologie et par là de tout référent conventionnel et culturel. Telle est la limite fondamentale d'une analogie avec la musique comme avec tout art. Le référent ultime de l'art, c'est en dernier ressort, l'art lui-même dans... [Lire la suite]
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01 août 2009

Esthétique de la marche II : la marche esthétique est sans idée

Suite de cette aventure hors sentier : grâce aux réactions passionnantes de Clément et d'Angela Transbury (voir Esthétique de la marche et analyse de Clément), je publie ici le commentaire que je viens de rédiger pour prolonger une réflexion inachevée. "Merci infiniment pour la qualité de cette analyse doublée d'une expérience de la scène qui, à mon sens, exprime bien la place potentielle de la marche ou de la posture corporelle entre culture et nature. Ce lâcher prise que vous évoquez et auquel renvoie le mouvement... [Lire la suite]
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30 juillet 2009

Réaction de Clément à l'Esthétique de la marche

J'ai reçu ce commentaire tout à fait intéressant de la part de Clément relatif à mon texte sur l'Esthétique de la marche. J'aurais pu l'éditer dans la rubrique "Epistolaires" mais pour plus de clarté, je l'intègre ici, pour pouvoir donner suite et prolonger au plus vite cette réflexion. "On pourrait associer ta distinction entre les trois marcheurs à une distinction entre les pratiques musicales que sont l’interprétation (où se loge une recréation personnelle dans un canevas faisant autorité, par exemple une... [Lire la suite]
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09 juillet 2009

Esthétique de la marche : le spirituel, le grégaire, le tragique

La pensée procède de traces anciennes, de routes psychiques et neuronales établies, de sûretés intérieures qui contribuent à l'organisation d'une perception unifiée et d'un sentiment de reconnaissance stabilisant mais fallacieux. Ces routes de l'activité mentale constituent le modèle souterrain de la marche ordinaire, de la marche dans la nature, des marches, devrions-nous dire. Et de ces marches dépendent des conceptions radicalement distinctes de l'existence, des marches à l'image de la pensée et de la vie, de son audace ou de sa... [Lire la suite]
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02 janvier 2008

Les fantômes du Hohenbourg (3)

D'un monde à l'autre, Hohenbourg, 28 décembre 07, Démocrite           Hissé sur la grande voile du Hohenbourg, je découvre à travers la déchirure, le limbe de cette terre ensevelie sous les vapeurs crépusculaires. La tour elle-même a disparu. Me voilà flottant entre deux mondes, à la charnière d'une épopée terrestre et d'une autre, aérienne et solaire. Je n'ai plus de racine. Il me semble rêver et voguer, il me semble avoir changé d'époque et de sphère. Mes yeux embrasse un ciel d'or et mes pieds... [Lire la suite]
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31 décembre 2007

Les fantômes du Hohenbourg (2)

La proue fantômatique du Hohenbourg, Vosges du Nord, Alsace, Démocrite, 28 décembre 07           Nous nous élevons dans l'épais brouillard qui enveloppe chaque chose. Pourrons-nous seulement apercevoir le donjon dressé et la porte énigmatique de mon viel ami ? Soudain, telle une ombre de géant, son allure masssive transperce le dense nébulon et surgit là, agrippé sur son roc, à 580 m d'altitude. Le Hohenbourg s'élance, raide, aigu comme une hallebarde, tendu dans un ciel blanc. Sa tour hirsute se perd dans... [Lire la suite]
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