28 décembre 2016

L'oreille intérieure (2) : le sommeil de l'archer

           La figure du tigre n'est pas sans lien avec celle d'Apollon, le maître de l'arc. Sous l'apparente beauté de l'animal assoupi et de sa fourrure solaire rayée de stries ombreuses, se dissimule le terrible prédateur mangeur d'hommes, le lanceur de flèches acérées, capable de défaire une armée entière sur son propre terrain. La silencieuse harmonie est l'autre versant d'une rageuse sauvagerie. Cela revient à dire que la qualité du sommeil est à mettre en perspective avec le déploiement réel de... [Lire la suite]

28 décembre 2016

L'oreille intérieure : le sommeil du félin

          Les tigres dorment, paraît-il, dix-huit heures par journée soit les trois quarts de leur existence. J'ignore ce qu'ils vivent lorsqu'ils s'adonnent à ce repos majeur mais force est de reconnaître que la valeur de la vie ne se mesure pas nécessairement au temps passé à s'agiter en tous sens. Les félins, d'une manière générale, nous l'indiquent sous la forme d'une sagesse en acte. Le chat, ce tigre miniature, est un admirable exemple de cette pratique du repli dans les voies de l'intériorité. A ces... [Lire la suite]
22 décembre 2016

Crise de la subjectivité

           Une nouvelle époque se déploie devant nous, une époque de grandes tensions et d'évidente intranquillité narcissique. Une époque où un dire privé de sa source se déverse en tous sens comme un fleuve sans bords dans les espaces indéterminés de la grande toile. S'adressant à un autre sans visage, sans nerfs ni colonne vertébrale, la parole d'un sujet non-constitué glisse à la surface d'un écran et flotte parmi des spectres erratiques, qui, par milliards, ont été arrachés au néant pour une infime... [Lire la suite]
19 décembre 2016

Déroutes philosophiques

 clic sur les images          Une déroute philosophique n'est pas chose aisée. Emprunter les sentes qui nous mènent à l'écart de nous-mêmes donne le sentiment de la perdition, d'une possible dislocation du moi sombrant dans l'abîme. Qui pourra, même provisoirement, se défaire de ses chaînes et courir mains ouvertes dans les vastes étendues d'une plaine indomptée ? Qui pour demeurer en funambule sur le fil d'une aventure qui est celle de toute vie résolue, de toute pensée ouverte, avec sa part d'errance,... [Lire la suite]
10 décembre 2016

Hegel et l'impensé

           Hegel a soutenu dans l'Encyclopédie des sciences philosophiques que "c'est dans les mots que nous pensons" et que c'est par eux que l'intériorité indistincte de la subjectivité et son fond obscur peuvent prendre une forme objective et réellement représentative. Si j'ai pu adhérer il y a des années à un tel postulat, aujourd'hui cette perspective me paraît témoigner d'une totale cécité vis-à-vis de ce qui se joue subrepticement dans le langage.           Imaginer... [Lire la suite]
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06 décembre 2016

La "vraie vie"...de château !

           Mon dernier article consacré à la "molle bandaison des obsédés du redressement" en aura amusé quelques-uns. D'autres, en revanche, outrés par le ton licencieux dont j'ai usé, se sont émus (comme quoi rien n'est perdu !) et ont réagi en rats-des-blogues avec la dose massive de ressentiment qui caractérise les bêtes-à-cornes et les têtes-plates. Ce qui, pour ces jocrisses, est intolérable, c'est que cet article émane d'un fonctionnaire d'Etat, protégé par son statut et ne sachant rien de la... [Lire la suite]

25 novembre 2016

Bander mou (version remastérisée)

       Je ne sais quelle folie s'est emparée de moi pour suivre le débat de la primaire des deux prétendants de la droite réactionnaire française à la présidentielle. Primaire ? C'est bien le mot ! Comment ne pas entendre dans l'obsession fillonniste pour le "redressement", l'expression d'une faille souffreteuse liée à une puissance phallique en berne. Cela fait des années qu'il nous bassine avec la "faillite", de son pays, de ses valeurs déclinantes, de sa puissance perdue. Où se loge donc ce déclin ? Ce... [Lire la suite]
19 novembre 2016

La terreur sexuelle

            Le jugement de valeur culpabilisant qui accompagne en général la sexualité (même si celui-ci a évolué) et qui ne l'admet que dans la mesure où prétendument domestiquée, elle sert les intérêts sociaux, n'est pas, comme on le croit souvent, une condamnation du seul plaisir. Quelque chose se dissimule là et se dit. Quelque chose de bien plus grave, de bien plus effrayant devant l'irruption désordonnée, imprévisible de la pulsion, devant le chaos immaîtrisable des forces vives que la sexualité... [Lire la suite]
11 novembre 2016

L'Invisible dans la parole

"La petitesse de l'esprit fait l'opiniâtreté ; et nous ne croyons pas aisément ce qui est au-delà de ce que nous voyons." La Rochefoucauld           De même que l'œil ne se voit pas lui-même alors qu'il est la condition de la vision, l'esprit ne saisit pas ce qui le fait penser, ce point aveugle et sourd qui conditionne l'essentiel de ses représentations. Spinoza a bien montré combien nous raisonnons à l'envers, renversant avantageusement causes et effets dans un processus magique ordinaire. Cette inversion... [Lire la suite]
09 novembre 2016

Théâtre social et aliénation

           Le caractère théâtral de l'existence sociale atteint son point le plus haut, le plus évidemment paroxystique lorsque cessent aux yeux de tous, les féroces hostilités, les coups les plus rudes, les chocs les plus profonds. Alors, l'animal humain peut-il avantageusement se laisser aller à son besoin d'humanité, aux illusions d'une domesticité à bon compte arrachée aux instincts, en refoulant simultanément dans les intermondes organiques, la cruelle vérité qui mobilisa sa folle puissance dans le... [Lire la suite]
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