24 décembre 2015

Ce que l'engagement ne dit pas

         Je cultive depuis longtemps une méfiance instinctive vis-à-vis de ceux qui revendiquent toute forme d'engagement sur les terrains qu'ils prétendent choisir librement : politique, social, religieux, humanitaire, éducatif. S'engager, c'est donner des gages, autrement dit risquer de perdre quelque chose dans une entreprise, dans un acte. Celui qui s'engage dans la vie maritale renonce simultanément à un certain vagabondage. Tenu par sa promesse, il est lié à un contrat moral qui met en jeu son honneur,... [Lire la suite]
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24 juillet 2015

Du thérapeute intérieur

 Linéaments, photo de Démocrite       En s'arrachant péniblement à l'imaginaire enfantin, la conscience opère peu à peu un décentrement, saisissant dans l'opacité et la confusion de la représentation une extériorité, un réel qui n'est pas soi, qui ne répond pas à ses attachements archaiques, à ses désirs et ses caprices. C'est davantage à coups de castrations successives, de frustrations multiples et de déceptions que la psyché réalise cette difficile et laborieuse opération par laquelle le moi découvre... [Lire la suite]
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11 juillet 2015

Violence, culture et philosophie

Recouvrement, Démocrite         Il y a, incontestablement, sur cette interface déroutée, quelque chose qui déplaît, qui agace, qui déçoit. Je le comprends mais ne puis faire autrement.        J'ai cru, comme beaucoup, dans mes jeunes années, que la philosophie avait la réponse, qu'elle allait me guérir de cette sourde angoisse tapie au fond de moi, qu'elle devait me libérer par la pensée des nœuds qui travaillaient en sourdine et me donner le sens qui manquait à l'existence. Je sentais... [Lire la suite]
19 avril 2015

Amitié et sens de la vérité

                  Démocrite, Congruences ?          Sans doute, les deux derniers textes n'auront-ils pas été inutiles tant ils ont mobilisé et fait réagir. Je ne peux que m'en réjouir d'autant que la discussion est loin d'être close. Avec l'amitié, nous rencontrons des enjeux qui sont universels et qui posent, pour une part essentielle, la question de l'exercice philosophique, de la vie philosophique. Nous sentons que nous touchons-là quelque chose qui... [Lire la suite]
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28 mars 2015

Je parle donc je délire

           Philosopher, c'est devenir funambule, marcher sur la corde (funis) tendue au-dessus de l'abîme découvert par l'effritement de la représentation. Tout problème philosophique commence et s'achève avec le langage, avec le pouvoir intériorisé de la fiction qui donne à l'homme son seul moyen d'investir le monde, de coloniser la nature grâce à la structure guerrière du symbolique. Car, c'est d'une guerre que procède la nécessité de parler, de s'adresser aux autres hommes : la guerre infligée par la... [Lire la suite]
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03 mars 2015

Oser philosopher

         L'atomiste dérouté, philosophe tragique, sait qu'il navigue à la frange du monde, qu'il se tient fébrile à la lisière du réel. Sa pratique le place à distance de ses contemporains et surtout des "emposteurs", les philosophes mondains et autres professeurs de ladite discipline. Ceux-là s'échinent à ordonner l'existence, à la penser selon un régime entendu de valeurs, de jugements et de normes qui pourrait  laisser croire que la trajectoire humaine signifie quelque chose ou pire, qu'elle doive... [Lire la suite]
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19 février 2015

Nietzsche et l'éternel retour

             En me baladant dans une des rares bonnes librairies de la ville du Roi Henri, je tombe sur la dernière somme d’André Comte-Sponville consacrée à une histoire de la philosophie tragique et du matérialisme, histoire censée rendre compte dans le même temps de l'itinéraire spéculatif de son auteur. J’en parcours rapidement quelques chapitres et m’arrête sur la critique saisissante que notre écrivain fait de Nietzsche à propos du thème de  « l’éternel retour »,... [Lire la suite]
15 février 2015

Machine triviale, complexité et subjectivité

                    La vie sociale des humains n'est pas concevable sans les institutions, sans les structures régulatrices de l'échange et du rapport à l'autre. Mais ce rapport entre l'individu et l'institution a toujours été polémique, complexe, hétérogène et conflictuel. Tout le problème est de savoir si l'institution permet l'émergence d'une subjectivité active en mettant en œuvre des processus de pensée capables d’affronter la complexité du monde, la sienne propre, à... [Lire la suite]
12 février 2015

La crise de la Culture

                  Dans la Crise de la culture, Hannah Arendt interroge l'évolution du monde moderne et l'absorption de la Culture par le capitalisme, le développement industriel de masse, la société de consommation et le loisir généralisé ; loisir qui au passage est l’inverse de la "scholè" des grecs ou de "l'otium" des romains. Elle reprend un critère de distinction qui n'est pas très éloigné de ce qu'on peut trouver chez Kant, à savoir la séparation quasi ontologique entre le... [Lire la suite]
29 janvier 2015

Humour et censure

           Les lecteurs réguliers qui se risquent sur ces chemins déroutés auront peut-être remarqué la disparition, ou plutôt l'effacement d'un article récent (réédité depuis), dans lequel j'ai pointé avec une ironie mordante, la caducité du jeu social, et la manière toute drolatique d'entretenir chez l'autre l'illusion des commencements, surtout lorsqu'il s'agit d'union institutionnalisée comme le mariage. Beaucoup ont ri et ont compris ce dont il s'agissait ici. Quelques-uns ou plutôt quelques-unes,... [Lire la suite]