06 juin 2013

La philosophie pour les nuls

          Il s'en est fallu de peu que je devienne philosophe. Je n'avais pas vu dans mes jeunes années, quoique je pusse parfois le pressentir, combien la philosophie était elle-même prisonnière de sa propre détermination : une production du langage au service d'un certain type de besoins rarement nommés, rarement identifiés, tous dissimulés sous le vernis de la sagesse, de la raison et de l'Idée. Sans cesse tendue entre deux pôles, cette discipline m'apparaissait tantôt comme la voie d'accès aux... [Lire la suite]
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11 février 2013

L'hystérie : syndrome grégaire de la bonne femme

       L'hystérie est la forme la plus grégaire de la maladie mentale. Elle est à ce point partagée et collective qu'elle constitue une normopathie toujours inaperçue de ses membres, membres dont l'objectif inavoué car inconscient, vise toujours la contamination la plus large possible. L'hystérie est une maladie virale donc profondément sociale avant d'être l'expression d'une souffrance singulière. Nous avons cru en ce dogme économique consistant à libérer la parole du névrosé par la psychothérapie. Nous avons... [Lire la suite]
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04 décembre 2012

Le désir de philosopher

Voir la première partie :  La nature du philosopher.      Il est impossible de penser le désir de philosopher sans une rupture primordiale, sans un arrachement singulier à la figure de l'Autre, intériorisée dès l'origine dans les mailles de la psyché. Cette brisure consiste d'abord à ne plus être déterminé par le seul désir mimétique, ce « désir du désir de l'autre » (Girard) qui aliène le sujet en l'attachant à des représentations fictives. Mais à quelle conditions pouvons-nous faire l'expérience... [Lire la suite]
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21 novembre 2012

La nature du philosopher : l'exigence de vérité

              Texte extrait du sens de la philosophie, Marcel Conche          Dans un très beau texte - Le sens de la philosophie -  Marcel Conche note que la définition ordinaire du philosophe, celui qui aime ou désire la sagesse, est ambiguë et même vague, car rien ne la distingue de celle du sage. Le premier désire quelque chose qu'il ne possède pas, alors que le second désire ce quelque chose qu'il a (si toutefois la sagesse se possède) et qu'il... [Lire la suite]
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03 août 2012

Le filet mélancolique de la connaissance

     Partout où les hommes se figurent des raisons, des causes, des commencements à toutes choses, partout ceux-là se réfugient dans le filet rassurant d'une pensée de la surface. Les déterminismes de toute farine sont des préoccupations de surface, d'inépuisables jeux enivrés de ce mirage que constitue la vérité. L'image du filet me paraît d'autant plus juste qu'il ne retient rien, pas même le vent. Mais on n'empêchera pas le filet d'exister car c'est certain, il doit être utile. Mais à quoi ?    ... [Lire la suite]
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27 juillet 2012

De la radicalité du philosopher

      La philosophie dans sa dimension éthique est souvent considérée comme une école de sagesse professant la voie du milieu, la modération, le recul, la mise à distance, la maîtrise des passions voire leur extinction. Toutes ces tentatives pour rendre cette discipline fréquentable reposent notamment sur une arrière-pensée qui ferait de la raison le moyen par lequel la vie humaine pourrait s'arracher à sa condition première, celle des instincts, des tentations colonisatrices, des rapports de force et de la... [Lire la suite]
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05 juillet 2012

Oser penser, oser écrire

       Il n'est pas simple de penser seul, d'affronter sa propre vacuité pour laisser jaillir une parole qui soit la sienne même lorsqu'elle paraît pétrie des mots des autres, du langage dans lequel nous avons sacrifié une part de notre singularité. Mais la difficulté tient moins à la nature de cette institution (le langage) qu’aux multiples freins que nous avons intériorisés depuis toujours sous la pression de la domination.      Mais il faut remarquer que pour être soi-même singulièrement porteur... [Lire la suite]
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17 juin 2012

Michel Serres : le visage de" petite poucette"

Merci à Luc d'avoir proposé la lecture de cet article-entretien passionnant de Michel Serres paru sur le site de Libération. Le diagnostic est incontournable, en effet, tant la hauteur de vue du philosophe permet de mettre en perspective ce qui semble bien constituer un nouveau paradigme anthropologique dont la nouvelle génération est porteuse dans ses pratiques et ses modes de penser. Voilà qui interroge la caducité de nos vieilles institutions, comme je l'ai souligné à nombreuses reprises dans le "journal". Cela dit, il faudra... [Lire la suite]
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31 mai 2012

Vivre et exister

      Dans mon précédent article, j'ai tenté de distinguer avec le Robinson de Tournier, ce qui in-siste et ce qui ex-siste. Cette distinction fait écho à la duplicité de l'homme, à cet écart toujours irréductible entre "un moi profond" coïncidant avec la mélodie intérieure, immergé dans le fleuve mobile de la psyché et le vaste théâtre de la société des hommes, contraints d'exister dans le jeu multiple des rôles qui surdéterminent les individualités.       Quelle est la... [Lire la suite]
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22 mai 2012

Le syndrome de Robinson : la folie de l'existence

      Dans Vendredi ou les limbes du Pacifique de Tournier, Robinson soumis à la plus cruelle des solitudes écrit quelque part dans son log-book que ses pensées, ses rêves, ses images intérieures, tout ce qui peuple ses représentations n'existent pas. C'est que, condamné au repli dans la souille comme dans l'alvéole de la grotte, Robinson tente d'échapper à son infortune en s'immergeant dans les convulsions intimes de l'imaginaire et de la rêverie, en s'abandonnant à la lente régression dont l'activité psychique est... [Lire la suite]
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