15 mars 2012

Les trois subjectivités mondaines

         Dans un précédent article, j’ai abordé la question de la subjectivité philosophique et de la subjectivité tragique. Je voudrais ici faire remarquer qu’il existe au moins trois autres types de subjectivité qui interagissent plus ou moins avec le milieu dans lequel elles se déploient. A l’arrière, c’est le rapport au réel qui m’intéresse autrement dit, la possibilité ou non de reconnaître la place de l’insignifiance de toutes choses. Ce n’est ici et pour le moment qu’une approche qui méritera... [Lire la suite]
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27 février 2012

Subjectivité philosophique - subjectivité tragique

L'énigme, Démocrite, Janvier 2012       Ne sachant jamais l'effet produit par un cours de philosophie sur l'esprit de ses élèves, le professeur se console souvent en se définissant comme un défricheur d'espaces envahis par les « mauvaises » herbes de l'opinion molle, comme un semeur jetant sur une terre plus ou moins fertile, plus ou moins ingrate, des graines dont il suppose qu'un jour elles donneront lieu à des pousses, à des arbres et à des fruits. Ce temps de la maturation supposée appartient à l'esprit de... [Lire la suite]
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18 novembre 2011

Le langage, une anti-métaphysique ?

    Le langage articulé, qui singularise notre espèce et lui confère un pouvoir sans précédent dans l'histoire de l'évolution, est associé bien volontiers à l'idée d'émancipation du sujet, à la construction de l'identité personnelle et au développement des facultés supérieures de l'intelligence. En effet, l'accès au langage et à l'univers symbolique marquent une rupture sans retour avec le monde magique de l'enfance, qui désigne étymologiquement cette période pendant laquelle le petit d'homme ne parle pas (infans, du... [Lire la suite]
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24 octobre 2011

Absurdité de la culture, culture de l'absurde

  Il est de bon ton de faire usage de références, de citer Nietzsche, Kant ou Heidegger, Hugo, Lamartine ou Goethe, Spinoza, Rimbaud ou Platon sitôt qu’on veut écrire et se sentir l’âme d’un auteur inspiré. Cela vaut pour la philosophie mais aussi pour tous les domaines supposés de la culture : art, littérature, poésie, cinéma, peinture etc. Partout, des références, des maîtres à penser, des idoles, des faire-valoir, des petits chefs. Nietzsche et les autres ne sont pas des petits chefs mais faisant l’objet d’une... [Lire la suite]
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22 juillet 2011

De la solitude métaphysique

  Tadrart, Algérie, février 2002 Toute conscience philosophique s’accompagne d’une solitude métaphysique  que la pensée n’efface jamais ni ne recouvre. Bien au contraire, cette dernière ne fait que prolonger dans sa tentation unificatrice le régime insulaire de l’existence, vouée à l’errance parmi les choses décomposées. La parole suit comme une ombre le geste philosophique qui opère dans la plus secrète élémentarité, dans le régime étrangement silencieux des forces dont le corps est la caisse de résonance et la matrice. ... [Lire la suite]
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20 juillet 2011

Supériorité de l'infidélité

Il est aisé de juger, de conjecturer, de donner à autrui le sentiment qu'on a compris la complexité d'une situation, qu'on évolue dans une posture empathique pleine d'intelligence, de bienveillance et de sens critique. Nombreux sont ceux qui se croient capables de profondeur, de démarche introspective, d'évaluation, de conseils en tout genre. Il est aisé de qualifier et de nommer ce que l'on croit saisir par une sorte de complicité spontanée alors même qu'on est dupé par la force inaperçue de ses motivations souterraines. D'où... [Lire la suite]
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15 juillet 2011

La création comme génie du mensonge

  " La vie doit inspirer confiance : la tâche ainsi posée est immense. Pour en venir à bout, il faut que l'homme soit déjà menteur par nature, il faut qu'il soit artiste plus que tout. Et il l'est aussi : métaphysique, religion, morale, science - rien que des sous-produits de sa volonté d'art, de mensonge, de fuite devant la "vérité", de négation de la "vérité". Le pouvoir même grâce auquel il fait violence à la vérité par le mensonge, ce pouvoir d'artiste de l'homme par excellence - il l'a en commun avec tout ce qui existe -... [Lire la suite]
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09 juillet 2011

L'ivrognerie, voie royale d'accès au réel

  "Les ivrognes ont la réputation de voir double. L'homme possède deux yeux et par conséquent deux images du réel qui se superposent normalement l'une à l'autre ; lorsqu'il est ivre la superposition se fait mal, d'où le fait que deux bouteilles au lieu d'une dansent devant les yeux de l'ivrogne. Mais cette duplication du réel est un phénomène purement somatique ; elle n'engage pas en profondeur la perception ivrogne du réel. Tout au contraire, l'ivrogne perçoit simple et c'est habituellement l'homme sobre qui perçoit double.... [Lire la suite]
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31 mars 2011

Vérité de la fièvre

Je sors à peine d'une période de fièvres intenses et je sais qu'à ces occasions brûlantes, la maladie n'est en rien opposée à la vie et même mieux, qu’elle active en soi une mobilisation physiologique qui plonge l'esprit dans une contemplation d'une rare densité. La fièvre et le délire rendent possible l’appréhension intense et directe des forces qui traversent non seulement le corps, les organes et le cerveau mais qui entrent aussi en résonance avec les infrastructures de la matière, dans l'élémentarité primordiale la... [Lire la suite]
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07 mars 2011

Amour de la sagesse ? (Suite)

La formule du moraliste (La Rochefoucauld) soumet la sagesse à ce qui peut tout emporter, la fortune ou"le fleuve tempétueux qui ravage tout et inonde les plaines", pour parler comme Machiavel. Demeurant sur le terrain tragique du florentin, j'observe qu'une pratique politique reste possible, sans illusion aucune et sans réserve non plus car "la fortune s'empare de la moitié de nos actions et nous laisse maître de l'autre." Même si je trouve Machiavel encore trop optimiste ici (dans la proportion), je crois néanmoins qu'il est... [Lire la suite]
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