31 mai 2012

Vivre et exister

      Dans mon précédent article, j'ai tenté de distinguer avec le Robinson de Tournier, ce qui in-siste et ce qui ex-siste. Cette distinction fait écho à la duplicité de l'homme, à cet écart toujours irréductible entre "un moi profond" coïncidant avec la mélodie intérieure, immergé dans le fleuve mobile de la psyché et le vaste théâtre de la société des hommes, contraints d'exister dans le jeu multiple des rôles qui surdéterminent les individualités.       Quelle est la... [Lire la suite]
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22 mai 2012

Le syndrome de Robinson : la folie de l'existence

      Dans Vendredi ou les limbes du Pacifique de Tournier, Robinson soumis à la plus cruelle des solitudes écrit quelque part dans son log-book que ses pensées, ses rêves, ses images intérieures, tout ce qui peuple ses représentations n'existent pas. C'est que, condamné au repli dans la souille comme dans l'alvéole de la grotte, Robinson tente d'échapper à son infortune en s'immergeant dans les convulsions intimes de l'imaginaire et de la rêverie, en s'abandonnant à la lente régression dont l'activité psychique est... [Lire la suite]
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15 mars 2012

Les trois subjectivités mondaines

         Dans un précédent article, j’ai abordé la question de la subjectivité philosophique et de la subjectivité tragique. Je voudrais ici faire remarquer qu’il existe au moins trois autres types de subjectivité qui interagissent plus ou moins avec le milieu dans lequel elles se déploient. A l’arrière, c’est le rapport au réel qui m’intéresse autrement dit, la possibilité ou non de reconnaître la place de l’insignifiance de toutes choses. Ce n’est ici et pour le moment qu’une approche qui méritera... [Lire la suite]
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27 février 2012

Subjectivité philosophique - subjectivité tragique

L'énigme, Démocrite, Janvier 2012       Ne sachant jamais l'effet produit par un cours de philosophie sur l'esprit de ses élèves, le professeur se console souvent en se définissant comme un défricheur d'espaces envahis par les « mauvaises » herbes de l'opinion molle, comme un semeur jetant sur une terre plus ou moins fertile, plus ou moins ingrate, des graines dont il suppose qu'un jour elles donneront lieu à des pousses, à des arbres et à des fruits. Ce temps de la maturation supposée appartient à l'esprit de... [Lire la suite]
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18 novembre 2011

Le langage, une anti-métaphysique ?

    Le langage articulé, qui singularise notre espèce et lui confère un pouvoir sans précédent dans l'histoire de l'évolution, est associé bien volontiers à l'idée d'émancipation du sujet, à la construction de l'identité personnelle et au développement des facultés supérieures de l'intelligence. En effet, l'accès au langage et à l'univers symbolique marquent une rupture sans retour avec le monde magique de l'enfance, qui désigne étymologiquement cette période pendant laquelle le petit d'homme ne parle pas (infans, du... [Lire la suite]
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24 octobre 2011

Absurdité de la culture, culture de l'absurde

  Il est de bon ton de faire usage de références, de citer Nietzsche, Kant ou Heidegger, Hugo, Lamartine ou Goethe, Spinoza, Rimbaud ou Platon sitôt qu’on veut écrire et se sentir l’âme d’un auteur inspiré. Cela vaut pour la philosophie mais aussi pour tous les domaines supposés de la culture : art, littérature, poésie, cinéma, peinture etc. Partout, des références, des maîtres à penser, des idoles, des faire-valoir, des petits chefs. Nietzsche et les autres ne sont pas des petits chefs mais faisant l’objet d’une... [Lire la suite]
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22 juillet 2011

De la solitude métaphysique

  Tadrart, Algérie, février 2002 Toute conscience philosophique s’accompagne d’une solitude métaphysique  que la pensée n’efface jamais ni ne recouvre. Bien au contraire, cette dernière ne fait que prolonger dans sa tentation unificatrice le régime insulaire de l’existence, vouée à l’errance parmi les choses décomposées. La parole suit comme une ombre le geste philosophique qui opère dans la plus secrète élémentarité, dans le régime étrangement silencieux des forces dont le corps est la caisse de résonance et la matrice. ... [Lire la suite]
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20 juillet 2011

Supériorité de l'infidélité

Il est aisé de juger, de conjecturer, de donner à autrui le sentiment qu'on a compris la complexité d'une situation, qu'on évolue dans une posture empathique pleine d'intelligence, de bienveillance et de sens critique. Nombreux sont ceux qui se croient capables de profondeur, de démarche introspective, d'évaluation, de conseils en tout genre. Il est aisé de qualifier et de nommer ce que l'on croit saisir par une sorte de complicité spontanée alors même qu'on est dupé par la force inaperçue de ses motivations souterraines. D'où... [Lire la suite]
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15 juillet 2011

La création comme génie du mensonge

  " La vie doit inspirer confiance : la tâche ainsi posée est immense. Pour en venir à bout, il faut que l'homme soit déjà menteur par nature, il faut qu'il soit artiste plus que tout. Et il l'est aussi : métaphysique, religion, morale, science - rien que des sous-produits de sa volonté d'art, de mensonge, de fuite devant la "vérité", de négation de la "vérité". Le pouvoir même grâce auquel il fait violence à la vérité par le mensonge, ce pouvoir d'artiste de l'homme par excellence - il l'a en commun avec tout ce qui existe -... [Lire la suite]
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09 juillet 2011

L'ivrognerie, voie royale d'accès au réel

  "Les ivrognes ont la réputation de voir double. L'homme possède deux yeux et par conséquent deux images du réel qui se superposent normalement l'une à l'autre ; lorsqu'il est ivre la superposition se fait mal, d'où le fait que deux bouteilles au lieu d'une dansent devant les yeux de l'ivrogne. Mais cette duplication du réel est un phénomène purement somatique ; elle n'engage pas en profondeur la perception ivrogne du réel. Tout au contraire, l'ivrogne perçoit simple et c'est habituellement l'homme sobre qui perçoit double.... [Lire la suite]
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