20 juillet 2011

Supériorité de l'infidélité

Il est aisé de juger, de conjecturer, de donner à autrui le sentiment qu'on a compris la complexité d'une situation, qu'on évolue dans une posture empathique pleine d'intelligence, de bienveillance et de sens critique. Nombreux sont ceux qui se croient capables de profondeur, de démarche introspective, d'évaluation, de conseils en tout genre. Il est aisé de qualifier et de nommer ce que l'on croit saisir par une sorte de complicité spontanée alors même qu'on est dupé par la force inaperçue de ses motivations souterraines. D'où... [Lire la suite]
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15 juillet 2011

La création comme génie du mensonge

  " La vie doit inspirer confiance : la tâche ainsi posée est immense. Pour en venir à bout, il faut que l'homme soit déjà menteur par nature, il faut qu'il soit artiste plus que tout. Et il l'est aussi : métaphysique, religion, morale, science - rien que des sous-produits de sa volonté d'art, de mensonge, de fuite devant la "vérité", de négation de la "vérité". Le pouvoir même grâce auquel il fait violence à la vérité par le mensonge, ce pouvoir d'artiste de l'homme par excellence - il l'a en commun avec tout ce qui existe -... [Lire la suite]
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09 juillet 2011

L'ivrognerie, voie royale d'accès au réel

  "Les ivrognes ont la réputation de voir double. L'homme possède deux yeux et par conséquent deux images du réel qui se superposent normalement l'une à l'autre ; lorsqu'il est ivre la superposition se fait mal, d'où le fait que deux bouteilles au lieu d'une dansent devant les yeux de l'ivrogne. Mais cette duplication du réel est un phénomène purement somatique ; elle n'engage pas en profondeur la perception ivrogne du réel. Tout au contraire, l'ivrogne perçoit simple et c'est habituellement l'homme sobre qui perçoit double.... [Lire la suite]
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31 mars 2011

Vérité de la fièvre

Je sors à peine d'une période de fièvres intenses et je sais qu'à ces occasions brûlantes, la maladie n'est en rien opposée à la vie et même mieux, qu’elle active en soi une mobilisation physiologique qui plonge l'esprit dans une contemplation d'une rare densité. La fièvre et le délire rendent possible l’appréhension intense et directe des forces qui traversent non seulement le corps, les organes et le cerveau mais qui entrent aussi en résonance avec les infrastructures de la matière, dans l'élémentarité primordiale la... [Lire la suite]
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07 mars 2011

Amour de la sagesse ? (Suite)

La formule du moraliste (La Rochefoucauld) soumet la sagesse à ce qui peut tout emporter, la fortune ou"le fleuve tempétueux qui ravage tout et inonde les plaines", pour parler comme Machiavel. Demeurant sur le terrain tragique du florentin, j'observe qu'une pratique politique reste possible, sans illusion aucune et sans réserve non plus car "la fortune s'empare de la moitié de nos actions et nous laisse maître de l'autre." Même si je trouve Machiavel encore trop optimiste ici (dans la proportion), je crois néanmoins qu'il est... [Lire la suite]
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19 février 2011

La mort est une hallucination sonore

J'ai enregistré hier une mauvaise version du texte consacré à la mort. La plateforme canalblog ayant été bloquée une bonne partie de la journée, je n'ai pu corriger cette erreur qu'en soirée. J'invite le lecteur à découvrir la version "aérée" et finalisée que j’ai rebaptisée pour l’occasion.              Spontanément, nous fuyons la mort dans le divertissement généralisé, dans l’oubli de notre condition, dans le détournement systématique dont le symbole (symptôme ?) contemporain est l’écran de... [Lire la suite]
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11 février 2011

De la laideur comme oeuvre : force des passions tristes

La question du jugement de goût en matière d'art est quelque chose qui paraît toujours très difficile notamment lorsqu'il s'agit d'échanger quelques "impressions éclairées" à propos de telle ou telle oeuvre. J'ai souvent abordé la dimension esthétique sur Clinamen et je me souviens de discussions passionnantes et animées avec de multiples intervenants autour du rapport entre art et pensée. J'ai soutenu  la thèse - et je persiste - selon laquelle, l'art comme puissance esthétique est "sans idée", qu'il... [Lire la suite]
28 janvier 2011

La philosophie intéressante ? Une imposture !

  " Inter-esse veut dire : être parmi et entre les choses, se tenir au coeur d'une chose et demeurer auprès d'elle. Mais pour l'intéressé moderne ne compte que ce qui est "intéressant". La caractéristique de ce qui est intéressant, c'est que cela peut, dés l'instant suivant nous être déjà indifférent et être remplacé par autre chose, qui nous concerne alors tout aussi peu que la précédente. [..] On croit honorer ce qu'on trouve intéressant. En vérité un tel jugement fait de ce qui est intéressant quelque chose d'indifférent et... [Lire la suite]
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27 janvier 2011

Un bon génie est un génie mort

Image extraite du film, Amadeus de Milos Forman J'explore aujourd'hui en classe la thèse nietzschéenne consacrée au génie dans Humain trop humain. Je ne cache pas que j'aime profondément ce texte et les extraordinaires renversements opérés par celui qui avait inscrit au-dessus de la porte de sa chambre « je me moque des maîtres qui ne se moquent pas d'eux-mêmes ». Il est deux sortes de génie : le cadavérique et le vivant. Le premier est une icône, une idole, une entité surnaturelle dont on croit volontiers qu’il est... [Lire la suite]
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26 janvier 2011

Aime ton malheur comme toi-même !

On espère d'être heureux et on souffre à le devenir ! A défaut d'être heureux ou de tendre vers le bonheur dont on ne saurait dire sérieusement en quoi il consiste, il est plus aisé de constater combien le malheur est infiniment plus évident, plus partagé, plus commun parce que plus facile d'accès. Le malheur, c'est l'ordinaire de la souffrance, la banalité de l'ennui, la platitude de l'existence normocentrée et de surcroît, la certitude de ne jamais lui échapper. Voilà qui le rend étrangement précieux et même secrètement... [Lire la suite]
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