31 mars 2011

Vérité de la fièvre

Je sors à peine d'une période de fièvres intenses et je sais qu'à ces occasions brûlantes, la maladie n'est en rien opposée à la vie et même mieux, qu’elle active en soi une mobilisation physiologique qui plonge l'esprit dans une contemplation d'une rare densité. La fièvre et le délire rendent possible l’appréhension intense et directe des forces qui traversent non seulement le corps, les organes et le cerveau mais qui entrent aussi en résonance avec les infrastructures de la matière, dans l'élémentarité primordiale la... [Lire la suite]
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07 mars 2011

Amour de la sagesse ? (Suite)

La formule du moraliste (La Rochefoucauld) soumet la sagesse à ce qui peut tout emporter, la fortune ou"le fleuve tempétueux qui ravage tout et inonde les plaines", pour parler comme Machiavel. Demeurant sur le terrain tragique du florentin, j'observe qu'une pratique politique reste possible, sans illusion aucune et sans réserve non plus car "la fortune s'empare de la moitié de nos actions et nous laisse maître de l'autre." Même si je trouve Machiavel encore trop optimiste ici (dans la proportion), je crois néanmoins qu'il est... [Lire la suite]
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19 février 2011

La mort est une hallucination sonore

J'ai enregistré hier une mauvaise version du texte consacré à la mort. La plateforme canalblog ayant été bloquée une bonne partie de la journée, je n'ai pu corriger cette erreur qu'en soirée. J'invite le lecteur à découvrir la version "aérée" et finalisée que j’ai rebaptisée pour l’occasion.              Spontanément, nous fuyons la mort dans le divertissement généralisé, dans l’oubli de notre condition, dans le détournement systématique dont le symbole (symptôme ?) contemporain est l’écran de... [Lire la suite]
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11 février 2011

De la laideur comme oeuvre : force des passions tristes

La question du jugement de goût en matière d'art est quelque chose qui paraît toujours très difficile notamment lorsqu'il s'agit d'échanger quelques "impressions éclairées" à propos de telle ou telle oeuvre. J'ai souvent abordé la dimension esthétique sur Clinamen et je me souviens de discussions passionnantes et animées avec de multiples intervenants autour du rapport entre art et pensée. J'ai soutenu  la thèse - et je persiste - selon laquelle, l'art comme puissance esthétique est "sans idée", qu'il... [Lire la suite]
28 janvier 2011

La philosophie intéressante ? Une imposture !

  " Inter-esse veut dire : être parmi et entre les choses, se tenir au coeur d'une chose et demeurer auprès d'elle. Mais pour l'intéressé moderne ne compte que ce qui est "intéressant". La caractéristique de ce qui est intéressant, c'est que cela peut, dés l'instant suivant nous être déjà indifférent et être remplacé par autre chose, qui nous concerne alors tout aussi peu que la précédente. [..] On croit honorer ce qu'on trouve intéressant. En vérité un tel jugement fait de ce qui est intéressant quelque chose d'indifférent et... [Lire la suite]
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27 janvier 2011

Un bon génie est un génie mort

Image extraite du film, Amadeus de Milos Forman J'explore aujourd'hui en classe la thèse nietzschéenne consacrée au génie dans Humain trop humain. Je ne cache pas que j'aime profondément ce texte et les extraordinaires renversements opérés par celui qui avait inscrit au-dessus de la porte de sa chambre « je me moque des maîtres qui ne se moquent pas d'eux-mêmes ». Il est deux sortes de génie : le cadavérique et le vivant. Le premier est une icône, une idole, une entité surnaturelle dont on croit volontiers qu’il est... [Lire la suite]
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26 janvier 2011

Aime ton malheur comme toi-même !

On espère d'être heureux et on souffre à le devenir ! A défaut d'être heureux ou de tendre vers le bonheur dont on ne saurait dire sérieusement en quoi il consiste, il est plus aisé de constater combien le malheur est infiniment plus évident, plus partagé, plus commun parce que plus facile d'accès. Le malheur, c'est l'ordinaire de la souffrance, la banalité de l'ennui, la platitude de l'existence normocentrée et de surcroît, la certitude de ne jamais lui échapper. Voilà qui le rend étrangement précieux et même secrètement... [Lire la suite]
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08 janvier 2011

Détruire la philosophie pour philosopher

Image de Max Lerouge La philosophie tragique est, à mon sens, la plus difficile qui soit parce qu'elle est la plus simple. J'avais écrit un jour que le seul projet philosophique digne d'être réalisé consistait à dé-philosopher ou à pratiquer, comme le suggère Guy Karl dans Le Jardin philosophe, "l'A-philosophie". Dans les deux cas de figure, la philosophie s'éloigne d'elle-même, se retire de la fascination qu'elle exerce sur elle-même et se destitue de sa prétention à dire quelque chose, à sauver quoi que ce soit dans... [Lire la suite]
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18 décembre 2010

Du désir comme puissance silencieuse

Le désir est manque et le manque est souffrance. Telle est une des thèses qui fonde le pessimisme de Schopenhauer pour qui «  l'homme oscille sans cesse, tel un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui ». Autant dire que le désir paraît être le socle indépassable de la conscience malheureuse si on en croit Pascal dont les textes magnifiques sur l’ennui, sur le divertissement et la concupiscence dévoilent douloureusement le fond tragique de l'existence, c'est-à-dire son insignifiance et sa pauvreté. Si... [Lire la suite]
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16 décembre 2010

Les deux versants du tragique : la douleur et la joie

La philosophie tragique procède toujours d’une expérience elle-même tragique et non d’un discours. Pour certains, cette expérience provient de la catastrophe, du deuil et de la mélancolie qui l’accompagne ; dans ce versant pour le moins douloureux du tragique (qui verse irrésistiblement du côté du pessimisme), le réel c’est le dehors imprévisible frappant le dedans, fracassant à tout jamais la confiance illusoire faite à la vie, anéantissant toute croyance en l’ordre comme au sens des choses. Le choc tragique défait la... [Lire la suite]
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