08 janvier 2011

Détruire la philosophie pour philosopher

Image de Max Lerouge La philosophie tragique est, à mon sens, la plus difficile qui soit parce qu'elle est la plus simple. J'avais écrit un jour que le seul projet philosophique digne d'être réalisé consistait à dé-philosopher ou à pratiquer, comme le suggère Guy Karl dans Le Jardin philosophe, "l'A-philosophie". Dans les deux cas de figure, la philosophie s'éloigne d'elle-même, se retire de la fascination qu'elle exerce sur elle-même et se destitue de sa prétention à dire quelque chose, à sauver quoi que ce soit dans... [Lire la suite]
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18 décembre 2010

Du désir comme puissance silencieuse

Le désir est manque et le manque est souffrance. Telle est une des thèses qui fonde le pessimisme de Schopenhauer pour qui «  l'homme oscille sans cesse, tel un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui ». Autant dire que le désir paraît être le socle indépassable de la conscience malheureuse si on en croit Pascal dont les textes magnifiques sur l’ennui, sur le divertissement et la concupiscence dévoilent douloureusement le fond tragique de l'existence, c'est-à-dire son insignifiance et sa pauvreté. Si... [Lire la suite]
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16 décembre 2010

Les deux versants du tragique : la douleur et la joie

La philosophie tragique procède toujours d’une expérience elle-même tragique et non d’un discours. Pour certains, cette expérience provient de la catastrophe, du deuil et de la mélancolie qui l’accompagne ; dans ce versant pour le moins douloureux du tragique (qui verse irrésistiblement du côté du pessimisme), le réel c’est le dehors imprévisible frappant le dedans, fracassant à tout jamais la confiance illusoire faite à la vie, anéantissant toute croyance en l’ordre comme au sens des choses. Le choc tragique défait la... [Lire la suite]
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03 décembre 2010

Je pense donc je mens

Qu’est-ce que la pensée sinon le sixième sens de l'humain ? N’est-elle pas comme les autres sens un régime complètement perceptif permettant au sujet de s'orienter non pas dans les idées, comme on a tendance à le croire, mais d’abord dans le champ indistinct du réel qui nous contraint à la territorialisation, à la protection ? Toute signification élaborée dans l’esprit est une route neuronale, un itinéraire balisé dont l’apparente cohérence échafaude une sorte de cartographie intérieure, permettant de lire le monde devenu... [Lire la suite]
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30 novembre 2010

Nous sommes tous des imposteurs !

Posture et impostures Nul n'a demandé à naître. Nous signons malgré nous le pacte de vie et de mort.  A vrai dire, c'est notre organisme qui signe son inscription dans le grand tout, dans la nature insaisissable que nous appelons ici, le réel. Nous sommes le fruit d'une congruence atomique, d'une rencontre cellulaire apte à se déployer dans un espace sans que nous n'ayons le moindre mot à dire. "On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille...être né quelque part, c'est toujours un hasard" chante... [Lire la suite]
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22 novembre 2010

Du monde et de l'im-monde

L'im-monde est l'autre nom du Réel, ce qui ne fait pas monde et qui échappe à toute représentation. Le monde est, au contraire, acte de territorialisation qui consiste à prendre possession d'un espace pour l'habiter et y inscrire sa marque. Le monde peut être investi par des programmes instinctifs, par des besoins, des empreintes chimiques (comme chez les animaux) ou par des représentations ou des désirs (comme chez l'homme). Ainsi, la mouche vit-elle dans son monde, un monde de signaux, d'intensités particulières qui demeurent... [Lire la suite]
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15 novembre 2010

De la conscience philosophique

La véritable philosophie se distingue des autres disciplines en ce qu'elle implique le sujet dans la démarche qu'elle met en oeuvre. La pensée philosophique n'est pas simple curiosité ou tentative d'éclairer tel ou tel aspect de la réalité extérieure comme dans le cas des sciences de la nature. Elle se déploie sur un mode particulier d'investissement à partir d'un étonnement originel. Schopenhauer a pris le soin de distinguer l'étonnement philosophique de l'étonnement du savant. Si ce dernier articule la démarche de... [Lire la suite]
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11 novembre 2010

Insécurité, la condition du libre

Il est de bon ton d'adorer la sécurité, elle qui rassure l'homme dans le maintien de ses forces, de son équilibre, de son pouvoir. La sécurité est, pour parler comme Nietzsche, liée à l'instinct grégaire, à la meute, au troupeau. Il n'est pas question de se perdre, de se mouvoir hors du contrôle qu'impose le corps social, précisément conçu comme un corps dont on ne saurait s'extraire sans risquer de choir, sans risquer de perdre une partie de soi. La sécurité fonctionne dans la représentation comme un destin à accomplir, comme... [Lire la suite]
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11 novembre 2010

Les bienfaits de la solitude

" On est plus heureux dans la solitude que dans le monde. Cela ne viendrait-il pas de ce que dans la solitude on pense aux choses et que dans le monde on est forcé de penser aux hommes ? " Chamfort (Maximes et pensées)
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10 novembre 2010

Connaître, c'est reconnaître !

"La jubilation du connaisseur ne serait-elle pas la jubilation de la sécurité reconquise ?"   Nietzsche (Aurore)
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