24 octobre 2017

La philosophie : un théâtre social ordinaire

              A mesure qu'on prend conscience du pouvoir du jeu social, de son extension dans tous les domaines de l'existence, de ses modalités d'infiltration dans les couches les plus profondes de la subjectivité, se pose pour soi l'étrange question d'un reste, d'une part qui serait le propre du sujet en deçà des rôles et des activités joués avec plus ou moins de complaisance. Cet enjeu est si difficile qu'il exigerait pour le saisir dans sa radicalité de se délivrer du langage et de la parole... [Lire la suite]
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12 mai 2017

De l'emposture

Dans un article consacré à la posture et à l'imposture, j'ai tenté de montrer que l'homme est incapable de trouver en lui-même une posture compte tenu de son inachèvement et de sa pauvreté essentielle sur le terrain instinctuel. S'il rêve de descendre du côté de la posture animale, il échoue toujours devant le nécessaire apprentissage que lui impose sa condition. C'est parce qu'il est capable de conscience réflexive que le sujet humain découvre avec horreur ce que j'ai appelé, dans une formule que je crois ici originale, le régime... [Lire la suite]
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05 novembre 2015

Du moi-image au Soi-Univers

            J'aborde en ce moment avec mes classes la délicate question de l'identité et de la connaissance de soi, question qui ne laisse personne indifférent sitôt qu'on entreprend un authentique travail introspectif visant à circonscrire, délimiter, saisir ce dont il s'agit. Tout le problème est là : qu'y a-t-il à saisir ? Le savons-nous ? J'ai déjà consacré un article à ce sujet. Aussi, ne suis-je pas enclin à répéter l'argumentation déployée plus haut. En revanche, je me suis donné aujourd'hui... [Lire la suite]
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21 décembre 2014

L'insoutenable disproportion de l'être

Rotondité, Alpes autrichiennes, Avril 2007           Les Alpes et leur puissance tellurique sont bien modestes vues d'en-haut mais le spectacle n'en demeure pas moins extraordinaire. L'immensité est telle que la Terre semble délivrer un peu de sa courbure comme si nous étions en limite de stratosphère, prêts à quitter la demeure pour les intermondes. Je songe à Icare et à son rêve fou. Ne sommes-nous pas ici des extravagants, si fragiles et cependant si arrogants ?           Les... [Lire la suite]
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15 novembre 2014

La fiction du pouvoir

          Pascal, dans son Premier discours sur la condition des Grands en 1660 imagine un voyageur jeté par une tempête sur une île inconnue et dont les autochtones recherchent leur roi disparu. Curieusement, notre homme ressemble trait pour trait à ce chef de tribu si bien qu'il est immédiatement pris pour lui et reçoit tous les honneurs dus à son rang et toutes les déférences liées au pouvoir qu'il représente. S'abandonnant à sa nouvelle condition et jouissant de son nouveau statut, il ne cesse pourtant... [Lire la suite]
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13 novembre 2013

Gravity : l'effroi et la beauté, Pascal et Spinoza

        En découvrant avec une authentique jubilation le film Gravity (bande annonce ici, désolé pour la pub), j'aurais pu penser à Lucrèce et à son célèbre vers : "His ibi me rebus quaedam divina voluptas percipit atque horror", divine volupté et horreur devant le spectacle des choses, devant la nature terrifiante et magnifique ! En effet, la formule de l'épicurien résume fort bien, me semble-t-il, le sentiment d'extase esthétique mêlé de terreur qui s'empare du spectateur devant l'homme... [Lire la suite]
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27 septembre 2013

Du délire identitaire

         Une des dramatiques obsessions humaines à l'origine de la plupart des violences possibles est la fixation identitaire, ce besoin délirant d'un enracinement qui donnerait à notre existence une assise définitive et garantie. Il est difficile de découvrir, de reconnaître et de laisser une place psychique à la fugitivité du réel, "à la branloire pérenne" (Montaigne), à l'insaisissable, et à l'insignifiance des choses surtout lorsqu'il s'agit du moi, de ce que je crois être ma réalité. Le besoin... [Lire la suite]
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27 février 2012

Subjectivité philosophique - subjectivité tragique

L'énigme, Démocrite, Janvier 2012       Ne sachant jamais l'effet produit par un cours de philosophie sur l'esprit de ses élèves, le professeur se console souvent en se définissant comme un défricheur d'espaces envahis par les « mauvaises » herbes de l'opinion molle, comme un semeur jetant sur une terre plus ou moins fertile, plus ou moins ingrate, des graines dont il suppose qu'un jour elles donneront lieu à des pousses, à des arbres et à des fruits. Ce temps de la maturation supposée appartient à l'esprit de... [Lire la suite]
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09 janvier 2011

Face à soi

" Rien n'est plus si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passions, sans affaire, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent il sortira du fond de son âme l'ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir."                             ... [Lire la suite]
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18 décembre 2010

Du désir comme puissance silencieuse

Le désir est manque et le manque est souffrance. Telle est une des thèses qui fonde le pessimisme de Schopenhauer pour qui «  l'homme oscille sans cesse, tel un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui ». Autant dire que le désir paraît être le socle indépassable de la conscience malheureuse si on en croit Pascal dont les textes magnifiques sur l’ennui, sur le divertissement et la concupiscence dévoilent douloureusement le fond tragique de l'existence, c'est-à-dire son insignifiance et sa pauvreté. Si... [Lire la suite]
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