29 décembre 2016

Rosset entre ivresse et allégresse

       Quelle joie matutinale d'écouter et d'entendre Clément Rosset dans Les Nouveaux Chemins parler de l'ivrognerie, de l'ivresse dionysiaque, du double, de la musique, de Nietzsche évidemment et de l'allégresse comme chemin d'accès au réel. La voix rauque, balbutiante, hésitante, dévoreuse de syllabes et de mots, décalée à la façon de Tournesol, allergique à la musique de Beethoven tel Haddock face à la Castafiore, voix indocile et faussement naïve, est à elle seule, une expérience de la belle ivresse,... [Lire la suite]
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17 juillet 2015

Le temps de la joie

      Avec le triomphe sans partage de l'été et la "retraite" qui accompagne cette période de vacances, me voilà psychiquement dans un étrange état de suspension, d'achronie, hors des temporalités dominantes. Il me semble goûter en filigrane un sentiment d'éternité au milieu des activités ordinaires. Ma montre s'est curieusement arrêtée à midi et demi comme si le temps fondamental avait eu raison du temps mondain, du temps de l'affairement et du divertissement social. Les aiguilles ont cessé de tourner et quelque... [Lire la suite]
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02 juillet 2014

Métaphysique du pire

                        " D'une manière générale, nous ne nions pas la possibilité d'une métaphysique du meilleur, de diverses sortes de métaphysiques du meilleur, ou d'espèces intermédiaires : simplement, la nôtre est une métaphysique du pire. C'est en elle seulement que notre sensibilité et notre raison trouvent leur satisfaction. "Métaphysique du pire" ne signifie d'ailleurs nullement impossibilité du bonheur ou de la joie. Car... [Lire la suite]
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13 novembre 2013

Gravity : l'effroi et la beauté, Pascal et Spinoza

        En découvrant avec une authentique jubilation le film Gravity (bande annonce ici, désolé pour la pub), j'aurais pu penser à Lucrèce et à son célèbre vers : "His ibi me rebus quaedam divina voluptas percipit atque horror", divine volupté et horreur devant le spectacle des choses, devant la nature terrifiante et magnifique ! En effet, la formule de l'épicurien résume fort bien, me semble-t-il, le sentiment d'extase esthétique mêlé de terreur qui s'empare du spectateur devant l'homme... [Lire la suite]
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16 juillet 2011

Intuition de l'impermanence

A la bordure d'un monde qu'on croit connaître, il y a la force silencieuse du réel, la ronde déshabillée de quelques brumes infidèles. Impermanence et jeu tourbillonnaire, les deux infinis se confondent en une danse alchimique qu'aucune idée ne contient. D'ici peu, les Gabizos auront disparu et rien ne pourra me convaincre de leur présence sinon ce doux rêve qui me fait imaginer la constance des choses. Tout passe comme ces nébulons nomades. S'ils n'ont pas de réalité en soi, ils ne sont pas rien ;... [Lire la suite]
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19 février 2011

La mort est une hallucination sonore

J'ai enregistré hier une mauvaise version du texte consacré à la mort. La plateforme canalblog ayant été bloquée une bonne partie de la journée, je n'ai pu corriger cette erreur qu'en soirée. J'invite le lecteur à découvrir la version "aérée" et finalisée que j’ai rebaptisée pour l’occasion.              Spontanément, nous fuyons la mort dans le divertissement généralisé, dans l’oubli de notre condition, dans le détournement systématique dont le symbole (symptôme ?) contemporain est l’écran de... [Lire la suite]
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02 février 2011

La force majeure

" La joie consiste en une approbation de l'existence tenue pour irrémédiablement tragique : elle est paradoxale mais n'est pas illusoire."                        Clément Rosset, La Force majeure
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18 décembre 2010

Du désir comme puissance silencieuse

Le désir est manque et le manque est souffrance. Telle est une des thèses qui fonde le pessimisme de Schopenhauer pour qui «  l'homme oscille sans cesse, tel un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui ». Autant dire que le désir paraît être le socle indépassable de la conscience malheureuse si on en croit Pascal dont les textes magnifiques sur l’ennui, sur le divertissement et la concupiscence dévoilent douloureusement le fond tragique de l'existence, c'est-à-dire son insignifiance et sa pauvreté. Si... [Lire la suite]
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16 décembre 2010

Les deux versants du tragique : la douleur et la joie

La philosophie tragique procède toujours d’une expérience elle-même tragique et non d’un discours. Pour certains, cette expérience provient de la catastrophe, du deuil et de la mélancolie qui l’accompagne ; dans ce versant pour le moins douloureux du tragique (qui verse irrésistiblement du côté du pessimisme), le réel c’est le dehors imprévisible frappant le dedans, fracassant à tout jamais la confiance illusoire faite à la vie, anéantissant toute croyance en l’ordre comme au sens des choses. Le choc tragique défait la... [Lire la suite]
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