21 octobre 2016

Généalogie du pouvoir médical : petite et grande souffrance

          Si les institutions veillent à la normalisation de la puissance vitale, la médecine exerce, à bien des égards, le même contrôle sur les corps et sur la souffrance dont elle est le réceptacle officiel, le temple et la gardienne. Hôpitaux, cliniques et cabinets médicaux sont les sanctuaires aseptisés de la souffrance et de la maladie sous des formes institutionnellement organisées et rentables et dans lesquelles le sujet fait face au pouvoir d'une caste qui le dépossède de sa subjectivité. Il suffit... [Lire la suite]

08 avril 2015

Le cadavre de l'amitié

           Cela fait bien longtemps que je ne me fais plus aucune illusion sur les relations amoureuses et la dynamique de dévoration souterraine qui les accompagne, même et surtout lorsqu’elles proclament une sincérité ou qu’elles revendiquent la fidélité des liens. Comme le note Oscar Wilde, «la fidélité est à la vie affective ce que la vérité est à la vie intellectuelle, à savoir la confession d’un échec ».           Le vouloir vivre officie en sourdine dans le... [Lire la suite]
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16 avril 2014

La faille narcissique

       Les hommes ne sont intéressants que lorsqu'ils souffrent. Tant que leur misère reste enfouie sous le plastron rassurant des commodités sociales, des conventions, tant que l'éclat illusoire des postures et des apparences sauve la mise, tout semble aller et chacun ne s'occupe que de soi dans un mirage narcissique de réussite, bardée de vanité et d'orgueil. Sitôt que la structure se fissure et qu'ils sont ravagés par le risque de l'effondrement majeur, ils accèdent alors à des sentiments qui leur faisaient... [Lire la suite]
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30 janvier 2014

Le soleil noir de l'inconscient

                        César Chesneau, sieur du Marsais (Dumarsais) écrit dans l'article "philosophe" de l'Encyclopédie que « les hommes marchent dans les ténèbres au lieu que le philosophe, dans ses passions mêmes, n'agit qu'après la réflexion ; il marche la nuit, mais il est précédé d'un flambeau ». Cet idéal de la raison qu'agite la philosophie des Lumières pour faire accroire aux naïfs en sa puissance de résistance et de désagrégation de... [Lire la suite]
24 octobre 2011

Absurdité de la culture, culture de l'absurde

  Il est de bon ton de faire usage de références, de citer Nietzsche, Kant ou Heidegger, Hugo, Lamartine ou Goethe, Spinoza, Rimbaud ou Platon sitôt qu’on veut écrire et se sentir l’âme d’un auteur inspiré. Cela vaut pour la philosophie mais aussi pour tous les domaines supposés de la culture : art, littérature, poésie, cinéma, peinture etc. Partout, des références, des maîtres à penser, des idoles, des faire-valoir, des petits chefs. Nietzsche et les autres ne sont pas des petits chefs mais faisant l’objet d’une... [Lire la suite]
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11 février 2011

De la laideur comme oeuvre : force des passions tristes

La question du jugement de goût en matière d'art est quelque chose qui paraît toujours très difficile notamment lorsqu'il s'agit d'échanger quelques "impressions éclairées" à propos de telle ou telle oeuvre. J'ai souvent abordé la dimension esthétique sur Clinamen et je me souviens de discussions passionnantes et animées avec de multiples intervenants autour du rapport entre art et pensée. J'ai soutenu  la thèse - et je persiste - selon laquelle, l'art comme puissance esthétique est "sans idée", qu'il... [Lire la suite]