12 mai 2017

De l'emposture

Dans un article consacré à la posture et à l'imposture, j'ai tenté de montrer que l'homme est incapable de trouver en lui-même une posture compte tenu de son inachèvement et de sa pauvreté essentielle sur le terrain instinctuel. S'il rêve de descendre du côté de la posture animale, il échoue toujours devant le nécessaire apprentissage que lui impose sa condition. C'est parce qu'il est capable de conscience réflexive que le sujet humain découvre avec horreur ce que j'ai appelé, dans une formule que je crois ici originale, le régime... [Lire la suite]
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19 avril 2017

La relation d'amitié comme création

 L'Ami - Image de Démocrite Chacun suit immanquablement une sente, se laisse aller à la teneur secrète d'une intériorité qui fait mystère pour soi mais aussi le plus souvent pour les autres, même si le flair subtil du psychologue et du généalogiste pourra percevoir à l'arrière, sans l'identifier pour autant, un régime de forces plus ou moins incisif, plus ou moins actif ou réactif, une façon de se tenir, d'entrer en relation, de parler et d'insister, une apparence jouée ou surjouée pour exister sur la scène du monde. ... [Lire la suite]
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19 décembre 2016

Déroutes philosophiques

 clic sur les images          Une déroute philosophique n'est pas chose aisée. Emprunter les sentes qui nous mènent à l'écart de nous-mêmes donne le sentiment de la perdition, d'une possible dislocation du moi sombrant dans l'abîme. Qui pourra, même provisoirement, se défaire de ses chaînes et courir mains ouvertes dans les vastes étendues d'une plaine indomptée ? Qui pour demeurer en funambule sur le fil d'une aventure qui est celle de toute vie résolue, de toute pensée ouverte, avec sa part d'errance,... [Lire la suite]
27 octobre 2016

Emmurés dans l'Ouvert : l'Incommunicable

  Failles, Démocrite       Saurons-nous nous parler en vérité, nous les plus proches et les plus lointains des hommes ? Saurons-nous surmonter l'incroyable édifice élevé depuis tant d'années, sédimenté dans la conscience comme autant de briques posées les unes à côté des autres, puis les unes sur les autres jusqu'à ce qu'un liant bouche définitivement les trous et condamne l'amitié fraternelle d'autrefois à la plus insignifiante des relations, à l'incommunicable ?         Nous... [Lire la suite]
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15 août 2015

L'horreur silencieuse.

        A quoi donc mène le philosopher ? Au creusement de la féconde intuition qui démet la philosophie de sa prétention historique et de ses chimères. Au centre de toute authentique pensée philosophique se trouve l'irrépressible trou de l'infortune, l'ombre du chaos qui destitue la vérité et démasque sa chronique cécité. "Tout ça pour ça !" suis-je tenté de dire. Celui qui découvre en lui-même comme au coeur de toutes choses, la faille, l'abîme et l'insignifiance se demande pourquoi les hommes passent... [Lire la suite]
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04 août 2015

Marcher, de Schopenhauer à Nietzsche

      Hier, je me suis délivré de la pesanteur des jours derniers, de cette désagréable impression d'opacité automnale, humide et close qui m'a plongé dans une asthénie horizontale. Il fallait le retour d'un ciel clair, estival et d'une ouverture sans pareille sur les Pyrénées pour me faire sentir à nouveau l'appel des hauteurs, le désir de me perdre et de dissoudre ces forces obscures et contrariées dans une marche réparatrice. Il fallait aussi et surtout la lecture d'un texte de Nietzsche, un texte salvateur. ... [Lire la suite]

24 juillet 2015

Du thérapeute intérieur

 Linéaments, photo de Démocrite       En s'arrachant péniblement à l'imaginaire enfantin, la conscience opère peu à peu un décentrement, saisissant dans l'opacité et la confusion de la représentation une extériorité, un réel qui n'est pas soi, qui ne répond pas à ses attachements archaiques, à ses désirs et ses caprices. C'est davantage à coups de castrations successives, de frustrations multiples et de déceptions que la psyché réalise cette difficile et laborieuse opération par laquelle le moi découvre... [Lire la suite]
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17 juillet 2015

Le temps de la joie

      Avec le triomphe sans partage de l'été et la "retraite" qui accompagne cette période de vacances, me voilà psychiquement dans un étrange état de suspension, d'achronie, hors des temporalités dominantes. Il me semble goûter en filigrane un sentiment d'éternité au milieu des activités ordinaires. Ma montre s'est curieusement arrêtée à midi et demi comme si le temps fondamental avait eu raison du temps mondain, du temps de l'affairement et du divertissement social. Les aiguilles ont cessé de tourner et quelque... [Lire la suite]
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03 mars 2015

Oser philosopher

         L'atomiste dérouté, philosophe tragique, sait qu'il navigue à la frange du monde, qu'il se tient fébrile à la lisière du réel. Sa pratique le place à distance de ses contemporains et surtout des "emposteurs", les philosophes mondains et autres professeurs de ladite discipline. Ceux-là s'échinent à ordonner l'existence, à la penser selon un régime entendu de valeurs, de jugements et de normes qui pourrait  laisser croire que la trajectoire humaine signifie quelque chose ou pire, qu'elle doive... [Lire la suite]
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12 février 2015

La crise de la Culture

                  Dans la Crise de la culture, Hannah Arendt interroge l'évolution du monde moderne et l'absorption de la Culture par le capitalisme, le développement industriel de masse, la société de consommation et le loisir généralisé ; loisir qui au passage est l’inverse de la "scholè" des grecs ou de "l'otium" des romains. Elle reprend un critère de distinction qui n'est pas très éloigné de ce qu'on peut trouver chez Kant, à savoir la séparation quasi ontologique entre le... [Lire la suite]