10 novembre 2007
Album Béarn : Ossau et Aspe, la traversée des brumes
De retour des Pyrénées Atlantiques, voici l'album Béarn, à consulter sans modération et à commenter ici, si le coeur vous en dit...
Le Lac de Lhurs, Cirque de Lescun, Vallée d'Aspe, Novembre 2007
Coulée sur le Pic d' Arudy, 1440 m, Ossau, Béarn
Hauteurs béarnaises
Je retrouve mes chères Pyrénées après un peu plus d'un an d'absence. L'absence fait sens, décidément ! Cheminer vers des altitudes, c'est opérer l'extrême dépouillement de la pensée. Ici, je dé-pense et réveille le corps englué dans les noeuds pollués du septentrion. La marche défait les tensions, l'air frais me délivre de mes crasses récurrentes et de mes crispations. Les muscles, tendons, paumes et joues se mettent à respirer soudainement produisant une sorte de jubilation aérienne.
Cheminer, Vallée d'Aspe, cirque de Lescun, Béarn, Novembre 07
Ces brouillards sont la métaphore de mon esprit, chargé de particules lourdes et inutiles ; ces particules, ce sont mes pensées, mes angoisses accumulées, mes rigidités mentales ! Elles se décomposent, se fragmentent et condensent en vapeurs mobiles ; elles s'échappent par tous les pores de la peau dans cette transpiration salutaire. Je marche, je respire, je guéris !
Présence, vallée d'Aspe, Béarn, novembre 07
L'enfant s'étonne de cette mer étrange qui coule tel un fluide dans le fond des vallées. Un animal mi-liquide, mi gazeux enveloppe irrésistiblement les basses terres. Le regard de cet enfant est clair. Il domine le monde de son pas de géant. Son baton assure sa verticalité et son équilibre d'humain.
Eutonie, Lac d'Ayous, Ossau, Novembre 07
Le voici, l'emblème levé du Béarn, dressé dans sa posture d'oiseau fossilisé vers un ciel sans limite : le pic du midi d'Ossau (2884 m) me fait face et ouvre sa gueule béante.
Je vous invite à poursuivre le voyage en consultant le nouvel album Béarn
21 octobre 2007
Balade solaire au lac du héron
Coruscant, Lac du héron, 20 octobre 07, Démocrite
Le lac du Héron et ses indéniables blandices au moment où l'astre majeur décline vers l'Occident. Heureux moment pour le promeneur tant la nature s'exprime ici ; entre cormorans, hérons, mésanges, colberts, rats, ragondins, pigeons ramiers, plongeurs, mouettes et autres carpes, la vitalité comme puissance d'affirmation est partout comme si ce ciel azuréen provoquait un sursaut d'énergie coruscante.
"La sagesse, écrivait Spinoza, est méditation de la vie, non de la mort". A regarder dans le silence les activités de la nature, on touche du doigt cette sagesse de la contemplation...
11 octobre 2007
Là
Là, Septentrion, Tournaisis, Démocrite
09 octobre 2007
Vers le Sud
Vers le Sud, Septentrion, Octobre 2007, Démocrite
Les grandes migrations ont commencé. Il est difficile de ne pas lire sous les ailes rangées de nos amis, une direction, une finalité de la nature, en fait la fuite et la faiblesse du vivant devant l'implacable réalité de l'hiver. Ces oiseaux indiquent par leur trajectoire, la destination du vouloir vivre. Il suffit de suivre cet axe qu'ils décrivent dans le ciel du Nord. Et si ces migrations disaient plus simplement la joie de voler ensemble et de contempler dans un mouvement grégaire la pauvreté de la vie sédentaire ? Somme-nous seulement capables de penser leur mouvement sans le but que nous lui assignons ?
Album Septentrion, dédié à Max Lerouge
L'album Septentrion est disponible. Il retrace mes pérégrinations nordistes et mes regards sur une nature discrète mais présente quand on sait ouvrir l'oeil. Toutes ces singularités ont été prises ces trois dernières années.
A déguster sous la forme d'une tranquille relaxation visuelle.
07 octobre 2007
Ordesa
Eglise de Torla et les canyons d'Ordesa, Aragon, Juillet 95, Démocrite
Les splendeurs du Haut Aragon frisent le sublime dès qu'on s'approche du Parc national du Mont Perdu et des grands canyons d'Ordesa et d'Arazas. La lumière y est incomparable et la dynamique de ces parois défiant la gravité saisit le marcheur d'une émotion rare. Tel Hegel devant les puissances indomptables de la nature, la pensée s'incline et se contente de constater : "Es ist so."
04 octobre 2007
Estaubé, le cirque en mineur
Estaubé, Hautes-Pyrénées, Juillet 1995, Démocrite
Alors que le septentrion peine à se défaire de ses miasmes nébuleux, qu'à proximité de la ville de Roubaix, des habitants ont dû quitter les lieux pour cause de gaz putride plaqué au sol par la pollution aérienne, je décide de poursuivre mon aventure pyrénéenne, histoire de prendre l'air en attendant des jours meilleurs. Après la balade dans le cirque majeur de Gavarnie, me voici du côté de son jeune frère méconnu, aux indéniables blandices : Estaubé ou le cirque en mineur.
Moins couru, plus discret que ses tumultueux voisins, Estaubé est un autre passage vers l'Aragon. Au fond à gauche, c'est l'incroyable vallée de Pinèta, et ses eaux bleues. Mais, derrière ces hautes falaises, ce cirque fabuleux dissimule un autre joyau, un trésor d'altitude. C'est la brèche de Tuquerouye qu'il nous faut emprunter pour découvrir les immensités aériennes du lac glacé, blotti sous l'immense Monte Perdido (3355 m) et ses glaciers suspendus. Tuquerouye, j'en ai rêvé des nuits entières ! L'incroyable couloir redressé à plus de 45° qui se livre là, déchirant la montagne et le roc en deux. Le passage est visible, en haut à droite, dans les névés de cet été ancien.
Tuquerouye ! C'est par là que les premiers pyrénéistes découvrirent ce qu'ils croyaient être le plus haut sommet des Pyrénées, le Mont Perdu. C'est par là qu'ils ouvraient une nouvelle voie d'accès au coeur palpitant du massif.
Le Canyon de Niscle et le Mont Perdu, Aragon, Août 1996, Démocrite
03 octobre 2007
Gavarnie, la tentation géologique
Gavarnie, tentation géologique, Août 1995, Démocrite
"Il est des montagnes qui peuvent donner aux Saints la nostalgie de la terre" (Russel).
Je ne sais pourquoi mais depuis quelques jours, de vieilles et anciennes pérégrinations me traversent l'esprit et même tout le corps. Mon oeil de septentrional se tourne irrésistiblement vers ce sud qui livre par son incroyable brèche toutes les splendeurs aragonaises. La faille de Roland perce cette montagne, ce colosse circulaire érigé en des tours abruptes ; la brèche de Roland porte encore dans sa cuirasse calcaire les stigmates du passage du héros. L'entaille paraît minuscule presque ridicule depuis les estives des Espuguettes mais sa centaine de mètres donne une idée de la puissance de Gavarnie.
La Brèche, Août 1995, Hautes-Pyrénées, Démocrite
La faille, c'est éternelle transgression, le pouvoir de la tentation et du désir heurté. La grande transgression est ici géologique, dans la fracture du minéral, deux mondes dos-à-dos reliés par le souffle du passage. Cette heureuse respiration de la nature est une invitation, belle promesse au-delà des frontières.
27 septembre 2007
Ceci n'est pas un arbre
Ceci n'est pas un arbre, Auvergne, Août 2007, Démocrite
Merci à Babou pour la référence à Magritte.























