18 mars 2017

Qu'est-ce que savoir ?

C'est dans le cadre d'une réflexion et d'une discussion collectives avec des amis chers que m'est venue cette idée : le savoir n'est pas une chose qui pourrait faire l'objet d'une quête ou d'une conquête. S'il est placé comme finalité du désir, alors il ne peut être que manqué et témoigne d'une pulsion de maîtrise dont la faille irréductible est la condition première et son intentionnalité, une illusion. Cette vision au fond platonicienne ne fait qu'entretenir une course à l'échalote confondant indéfiniment savoir et connaissance. ... [Lire la suite]
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24 février 2017

Que voulons-nous savoir ?

Jean Rustin - Trois personnages  Je n'ai pu exceptionnellement assister au dernier Apéro-philo que nous avons organisé dans la cité paloise. Manifestement, cette soirée fut de la meilleure qualité, comme souvent suis-je tenté de dire. Le sujet posé fut : Que voulons-nous savoir ? A cette question, je serais tenté de répondre : rien !  Ou plutôt rien qui puisse trouer le cercle rassurant de la tautologie intérieure et les bases sur lesquelles la subjectivité se structure. Chacun ne vit-il pas dans le monde plus ou moins... [Lire la suite]
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31 janvier 2017

Ce qu'on dit ment

  Nous aimerions nous passer de la vérité, nous moquer de cette exigence et vivre du relativisme, quitte à sombrer dans le nihilisme qui guette dans l'ombre la dislocation de nos forces, à la manière de l'intempérie -celle dont nous savons par expérience qu'elle emporte tout sur son passage. Nous serions flattés d'abolir tout rapport au réel dans la plainte de la désagrégation infinie comme dans la victoire d'une parole sans référent. C'est bien ce qui se passe. Rien de pire que la vérité dans les affaires humaines. Mais la... [Lire la suite]
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22 décembre 2016

Crise de la subjectivité

           Une nouvelle époque se déploie devant nous, une époque de grandes tensions et d'évidente intranquillité narcissique. Une époque où un dire privé de sa source se déverse en tous sens comme un fleuve sans bords dans les espaces indéterminés de la grande toile. S'adressant à un autre sans visage, sans nerfs ni colonne vertébrale, la parole d'un sujet non-constitué glisse à la surface d'un écran et flotte parmi des spectres erratiques, qui, par milliards, ont été arrachés au néant pour une infime... [Lire la suite]
10 décembre 2016

Hegel et l'impensé

           Hegel a soutenu dans l'Encyclopédie des sciences philosophiques que "c'est dans les mots que nous pensons" et que c'est par eux que l'intériorité indistincte de la subjectivité et son fond obscur peuvent prendre une forme objective et réellement représentative. Si j'ai pu adhérer il y a des années à un tel postulat, aujourd'hui cette perspective me paraît témoigner d'une totale cécité vis-à-vis de ce qui se joue subrepticement dans le langage.           Imaginer... [Lire la suite]
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19 novembre 2016

La terreur sexuelle

            Le jugement de valeur culpabilisant qui accompagne en général la sexualité (même si celui-ci a évolué) et qui ne l'admet que dans la mesure où prétendument domestiquée, elle sert les intérêts sociaux, n'est pas, comme on le croit souvent, une condamnation du seul plaisir. Quelque chose se dissimule là et se dit. Quelque chose de bien plus grave, de bien plus effrayant devant l'irruption désordonnée, imprévisible de la pulsion, devant le chaos immaîtrisable des forces vives que la sexualité... [Lire la suite]

11 novembre 2016

L'Invisible dans la parole

"La petitesse de l'esprit fait l'opiniâtreté ; et nous ne croyons pas aisément ce qui est au-delà de ce que nous voyons." La Rochefoucauld           De même que l'œil ne se voit pas lui-même alors qu'il est la condition de la vision, l'esprit ne saisit pas ce qui le fait penser, ce point aveugle et sourd qui conditionne l'essentiel de ses représentations. Spinoza a bien montré combien nous raisonnons à l'envers, renversant avantageusement causes et effets dans un processus magique ordinaire. Cette inversion... [Lire la suite]
26 octobre 2016

Du ratage fécond et de l'Infinité de la recherche

                La seule chose sérieuse qui importe pour le chercheur de vérité, pour le philosophe, pour le scientifique et l'historien, pour l'artiste et le créateur, ce n'est pas l'objet visé, étudié, convoité, ce n'est pas ce qu'il veut dire ou saisir dans une représentation adéquate ou dans son oeuvre, c'est "la chose" intérieure qui anime la démarche et la relance indéfiniment. Cette chose n'est autre que l'énigme qu'on porte en soi et qui se vivifie au contact d'une incessante... [Lire la suite]
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24 octobre 2016

Du complexe de jalousie

        La jalousie est probablement un des affects les plus archaïques à l'oeuvre dans la psyché. Ce n'est pas pour rien si on le retrouve puissamment dans les mythes fondateurs (Romulus/Remus ; Abel/Caïn...), en fait comme des réalités archétypales de l'inconscient. La fratrie est par excellence l'expérience sociale en miniature et la société -par exemple Rome comme entité constituante, l'expression de ce complexe inaugural qui organise la structure du pouvoir sur le meurtre symbolique ou réel du frère rival,... [Lire la suite]
21 octobre 2016

Généalogie du pouvoir médical : petite et grande souffrance

          Si les institutions veillent à la normalisation de la puissance vitale, la médecine exerce, à bien des égards, le même contrôle sur les corps et sur la souffrance dont elle est le réceptacle officiel, le temple et la gardienne. Hôpitaux, cliniques et cabinets médicaux sont les sanctuaires aseptisés de la souffrance et de la maladie sous des formes institutionnellement organisées et rentables et dans lesquelles le sujet fait face au pouvoir d'une caste qui le dépossède de sa subjectivité. Il suffit... [Lire la suite]