20 avril 2018

Homo diffidens et vérité subjective

  Spéculaire,   La vie sociale et relationnelle s'articule autour d'un contrat qui consiste à éviter à tout prix l'irruption de la subjectivité, de sa profondeur, de ses tourments. Cela peut intriguer mais si nous constatons la nature des affects (la paranoïa) qui conditionnent l'adaptation du moi au réel, on peut comprendre qu'il soit absolument contre-indiqué de se laisser aller à la confession publique ou à l'expression de son fond obscur. Si nous sacrifions à la norme commune c'est parce qu'il s'agit de se sauver... [Lire la suite]
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18 avril 2018

De l'affect paranoïaque : des larmes et du sang !

L'article précédent nécessite quelques précisions. Pour saisir ce qu'il en est de la structure paranoïaque, il faut se placer sur le plan des affects qui déterminent le fait de penser et non sur celui de la taxinomie psychiatrique. La plupart des constructions philosophiques, la totalité des élucubrations religieuses, ce que Comte appelle l'état théologique comme l'état métaphysique lorsque l'esprit s'évertue à chercher le pourquoi des choses, sont des émanations d'une paranoïa fondamentale dont l'objectif... [Lire la suite]
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05 avril 2018

Le fond obscur : Paranoïa !

Le désir de philosophie ? Donner une place efficiente et une fonction hautement symbolique à sa propre paranoïa.    Une religion ? Forme institutionnellement élaborée de la paranoïa collective.     Une idéologie ? Forme rationnelle et systématisée de la paranoïa collective.   Philosopher ? Un divertissement paranoïaque conscient de lui-même.      
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05 février 2018

Qu'appelle-t-on penser ?

Après une discussion stimulante avec quelques bons amis, j’en suis venu à distinguer cinq niveaux qui ne sont en rien normatifs mais qui me semblent dire quelque chose de ce qu'on appelle penser. Premier niveau : « ça pense ».  Il s’agit là du registre psycho-physiologique inconscient dont le corps est la ressource fondamentale en tant que dynamique de forces (propriétés émergentes de la matière organisée dans l’atomisme, conatus chez Spinoza, vouloir-vivre chez Schopenhauer, dynamisme pulsionnel et pensée... [Lire la suite]
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18 décembre 2017

Désir mimétique et intersubjectivité

  L'observation distanciée d'une conversation entre adultes, que ce soit sur le lieu de travail ou ailleurs, fournit une bonne occasion d'analyser la structure généralisée et dramatiquement ordinaire du désir mimétique soumis à l'infernale logique de la reconnaissance. Le désir mimétique est désir du désir de l'autre. Si René Girard l'a largement thématisé, on doit à Hegel et à ses commentateurs tel Jean Hyppolite de l'avoir pensé. Le désir du sujet se constitue d'abord dans le fait d'être soutenu par le désir de l'autre -... [Lire la suite]
10 décembre 2017

Joie tragique et vérité

                "Exister équivaut à un acte de foi, à une protestation contre la vérité".    Cioran, Précis de décomposition.         Comment ne pas entendre dans cette formule ramassée, dans ce trait fulgurant la sinistre vérité de notre condition ? Peut-on froidement regarder le réel en face, contempler avec lucidité l'improbable déroulement de l'existence voué au hasard, à la maladie, à la vieillesse, à la déchéance et à la mort sans se... [Lire la suite]
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24 octobre 2017

La philosophie : un théâtre social ordinaire

              A mesure qu'on prend conscience du pouvoir du jeu social, de son extension dans tous les domaines de l'existence, de ses modalités d'infiltration dans les couches les plus profondes de la subjectivité, se pose pour soi l'étrange question d'un reste, d'une part qui serait le propre du sujet en deçà des rôles et des activités joués avec plus ou moins de complaisance. Cet enjeu est si difficile qu'il exigerait pour le saisir dans sa radicalité de se délivrer du langage et de la parole... [Lire la suite]
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22 octobre 2017

Que voulons-nous savoir ?

Jean Rustin - Trois personnages  Je n'ai pu exceptionnellement assister au dernier Apéro-philo que nous avons organisé dans la cité paloise. Manifestement, cette soirée fut de la meilleure qualité, comme souvent suis-je tenté de dire. Le sujet posé fut : Que voulons-nous savoir ? A cette question, je serais tenté de répondre : rien !  Ou plutôt rien qui puisse trouer le cercle rassurant de la tautologie intérieure et les bases sur lesquelles la subjectivité se structure. Chacun ne vit-il pas dans le monde plus ou moins... [Lire la suite]
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12 mai 2017

De l'emposture

Dans un article consacré à la posture et à l'imposture, j'ai tenté de montrer que l'homme est incapable de trouver en lui-même une posture compte tenu de son inachèvement et de sa pauvreté essentielle sur le terrain instinctuel. S'il rêve de descendre du côté de la posture animale, il échoue toujours devant le nécessaire apprentissage que lui impose sa condition. C'est parce qu'il est capable de conscience réflexive que le sujet humain découvre avec horreur ce que j'ai appelé, dans une formule que je crois ici originale, le régime... [Lire la suite]
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18 mars 2017

Qu'est-ce que savoir ?

C'est dans le cadre d'une réflexion et d'une discussion collectives avec des amis chers que m'est venue cette idée : le savoir n'est pas une chose qui pourrait faire l'objet d'une quête ou d'une conquête. S'il est placé comme finalité du désir, alors il ne peut être que manqué et témoigne d'une pulsion de maîtrise dont la faille irréductible est la condition première et son intentionnalité, une illusion. Cette vision au fond platonicienne ne fait qu'entretenir une course à l'échalote confondant indéfiniment savoir et connaissance. ... [Lire la suite]
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