Massif du Sesques au matin de l'an nouveau

Avec la nouvelle année, les Pyrénées clament leur candeur et une virginité retrouvée. Le vent qui souffle d'occident efface la trace des profanateurs et autres pollueurs de toute farine.

La révolution naturelle s'accomplit et rend aux grands espaces la splendeur immaculée des origines. Mais pour combien de temps ?

Faudra-t-il émettre quelques voeux pour les temps à venir ? Comment ne pas faire le voeu en effet pour nos contemporains et pour nous-mêmes de cet apprentissage de la beauté, de la pensée libre, de la contemplation des choses inutiles qui mènent au plus proche de l'énigme du vivre et des météores fantasques ? Comment ne pas souhaiter que nos sens en alerte ne se tournent vers des horizons de contrastes et d'intensités primitives pour accueillir la gratuité de la foudre et le chaos des forces créatrices de ce monde ?

La sensibilité aux météores comme aux caprices atmosphériques dissimule une intuition philosophique majeure, l'étonnement de l'esprit devant l'insaisissable et le caractère foncièrement ahurissant du vivre, l'ébranlement des certitudes devant la puissance indomptable de la nature.

Que cette année consacre les amoureux du ciel, les photographes des lumières, les poètes météorologues !  Qu'ils se sentent aussi vivants que jamais au milieu des tempêtes !

Sur les Gabizos, vent debout !