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Les injonctions de la caste médiatico-politique à voter pour le fils caché de Hollande et de Merkel résonnent étrangement. Les mêmes, qui depuis 20 ans ont favorisé l'accroissement du vote FN, s'agitent aujourd'hui comme des "bonnes-femmes", donnant des leçons de morale à tout le monde. L'hypocrisie est à son comble surtout lorsque ces fossoyeurs de la république exigent un front républicain et une parole commune devant le Diable qu'ils n'ont cessé d'utiliser pour mettre en oeuvre le bipartisme socialo-républico-libéral qu'ils voulaient indépassable et pérenne.

Avec cette stratégie, Le Front national était la garantie d'une élection de l'un ou de l'autre dès le premier tour. Le partage du pouvoir et le maintien de la caste devaient reposer sur une indéfectible alternance. Reconnaissons que ce système, rendu possible par les institutions de la Vè république, a "bien" fonctionné pendant 30 ans, soutenu par des médias, pour l'essentiel, complices. Mais là, quelque chose s'est passé. Frankenstein leur a d'abord échappé en se teignant les cheveux en blond, en socialisant son discours, en rompant dans la forme avec la première version outrancière et borgne du pratiquant de la gégène. L'avocate a su y faire, magnétisant toute une partie de la droite qui ne s'est pas privée de briser les digues sous la présidence Sarkosy, puis de la fausse gauche sous Hollande avec l'épisode désastreux de la déchéance de nationalité.

Mais au-delà d'une parole et d'une politique dites décomplexées, le prolifération du vote FN est d'abord liée aux inégalités sociales obscènes, à l'extension pathétique de la pauvreté et du chômage de masse, à une époque où la richesse n'a jamais été autant concentrée, exhibée et promue comme signe déterminant de la réussite. "Devenir milliardaire" n'est-il pas un des slogans, une des "valeurs" de notre ancien banquier d'affaires ? Pauvre homme !

Il n'est pas impossible qu'un jour, nous reconnaissions le génie machiavélique de la présidence Hollande. En plaçant son libéral de fils au centre de l'échiquier politique, l'ancien premier secrétaire aura réussi le tour de force de détruire simultanément la campagne de Hamon, de liquider le parti socialiste et de faire imploser celui des Républicains. Un vrai coup de maître !

La nouveauté, c'est qu'en dehors de toute logique d'appareil, une nouvelle force politique insoumise, consciente des enjeux de notre temps s'est constituée démocratiquement, proposant un projet alternatif soutenable écologiquement, prometteur socialement, nécessaire sur le terrain institutionnel. Et partout où cette énergie s'est mobilisée, le vote populaire pour la blonde a reculé.

Reste une meute de couards avides de sauver leurs fesses en se délivrant à eux-mêmes un passeport de bonne conduite tout en désignant les infâmes, les traitres, les abominables abstentionnistes, à commencer par les Insoumis suspectés de complicité avec l'ennemi.

Une toute récente et lamentable chronique de Raphaël Enthoven, bien installé à Europe 1, illustre fort bien le propos. Si ces gens, les Insoumis, s'abstiennent au second tour de la présidentielle (d'où vient ce présupposé ?), c'est parce qu'au fond, ils pensent la même chose que l'extrême droite. C'est évident ! Ils seraient secrètement animés par "l'impossible aveu d'une convergence réelle et une parenté profonde avec l'essentiel du projet frontiste"! Quelle perspicacité généalogique et quelle finesse dans l'analyse politique ! Le "philosophe" ténébreux nous avait habitués à mieux.

Seul le porte-parole des Insoumis aura eu la décence de considérer le citoyen libre, autonome et majeur, capable de se rendre aux urnes en conscience et sans mot d'ordre, sans qu'un jobard derrière un micro ou une caméra lui explique les "bonnes" raisons de sauver ce à quoi lui tient le plus au monde, à savoir son fauteuil de député, de sénateur ou de chroniqueur de basse-cour, garanti par des pouvoirs déliquescents.

PS : Pour faire suite à mon précédent billet, je découvre une des dernières analyses d'ACRIMED (Observatoire d'analyse des médias) qui ne manque pas de pointer la charge de celui qui, se faisant passer pour un philosophe, n'est ni plus ni moins qu'un emposteur "éditocrate" donneur de leçons.